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Rien pour les Dardenne, déception pour Dolan, Palme d'or à "Winter Sleep"

Le Festival de Cannes a pris fin aujourd'hui. Retrouvez le déroulé de la cérémonie de clôture.

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C'est en anglais à nouveau que Lambert Wilson a débuté sa présentation. "Vous connaissez la règle, ça sera en français. Voilà." "Nous vivons les derniers instants de cette 67e édition. Dans quelques instants, nous ne serons plus le centre du monde", a-t-il annoncé solennel. "Les meilleures choses ont une fin, pas les meilleurs films: ils nous accompagnent et continuent à vivre en nous." Lambert Wilson a fait une petite référence au film qu'on gardera en mémoire mais pas vraiment pour des raisons cinématographiques, "Welcome to New York". "Nous avons décidé d'annoncer le palmarès en direct de cette belle salle du Théâtre Lumière et non pas en VOD." Place donc aux résultats...

Le premier prix a été décerné juste après 19 heures. La Palme d'or du court métrage a été accordée à "Leidi" de Simon Mesa Soto. La Caméra d'or, qui prime le meilleur premier film, a été remis par Nicole Garcia et Gilles Jacob, l'âme du Festival depuis 38 ans. Ils ont été accueillis par une standing ovation. Le président du Festival ne le sera plus l'année prochaine. Il cède sa place à Pierre Lescure. "Remettre ce prix est pour moi, ce soir, la meilleure façon de passer la main."

C'est "Party Girl", qu'on avait adoré, qui repart avec cette jolie récompense. "Ma mère est une Party Girl. Quand j'étais petit, elle me forçait à l'accompagner avec elle dans les fêtes de village. elle avait des bijoux partout", se souvient Samuel Theis. "J'étais terrifié de m'afficher avec elle. Je marchais toujours très loin devant. Plus je m'éloignais, plus elle m'appelait en criant fort. Aujourd'hui, je suis hyper fière d'elle. De ma famille, de tous les acteurs qui ont joué dans ce film qui ne sont pas des acteurs professionnels."

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L'équipe de "Party Girl". © afp

"J'ai eu l'audace d'avoir la leucémie"
Gilles Jacob est reparti en faisant signe au public, qui s'est à nouveau levé pour le saluer. Emotion dans la salle. Monica Bellucci a été chargée de remettre le prix d'interprétation masculine. Sans surprise, c'est Timothy Spall, le grognon "Mr Turner", qui l'a reçu. Il s'est dit "dépassé par les événements". "Je vais rallumer mon téléphone parce que mon texte de remerciements s'y trouve. C'est toujours assez curieux. J'ai souvent été l'homme qui accompagnait la mariée. Cette fois, c'est moi la mariée."

Son téléphone fait alors vibrer les micros. Il cherche ensuite ses lunettes. "Et la batterie est faible en plus. Ca n'arrange rien." Il patauge. Se retient de pleurer. "33 ans de collaboration avec Mike Leigh, c'est la collaboration de ma vie. Quand Mike a gagné la Palme d'or, je n'y étais pas parce que j'ai eu l'audace d'avoir la leucémie. J'ai également eu l'audace de ne pas mourir. Je suis content d'être des vôtres aujourd'hui."

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Timothy Spall © afp

Julianne Moore absente mais gagnante
Elle n'a pas pu revenir à Cannes mais c'est Julianne Moore qui a reçu le prix d'interprétation féminine pour son rôle de star névrosée dans "Maps to the star" de David Cronenberg. "Leviathan" d'Andreï Zviaguintsevrepart avec le prix du scénario. Dans la salle, Xavier Dolan se décomposait au fur et à mesure qu'approchait la récompense ultime.

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Julianne Moore n'a pas pu être Cannes pour recevoir son prix d'interprétation féminine. © photo_news
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Prix du jury ex-aequo
Pourtant, ce n'est pas lui qui est reparti avec la Palme d'or. C'est le prix du jury qui lui a été remis, ex-aequo avec Jean-Luc Godard. Soit le film qu'on a préféré et le film qu'on a détesté. "Je suis éperdu de reconnaissance pour le jury", a confié le benjamin de la compétition. "On fait ce métier pour aimer et être aimé en retour. C'est la revanche de nos amours imaginaires", a-t-il confié, ému, en faisant référence à l'un de ses films. "Merci à Thierry Frémaux, d'avoir cru en moi, de m'avoir porté, de m'avoir confronté, de m'avoir protégé." Il a également remercié ses acteurs, ses amis, sa famille.

"Le français, c'est ma langue première mais je veux que tout le monde m'entende donc je vais le dire en anglais". En larmes, il s'est adressé à Jane Campion: "Dans mes souvenirs, La leçon de piano est l'un des premiers films que j'ai pu voir. Ce film a défini ma vie, ma carrière. Me retrouver ici sur la même scène avec vous est extraordinaire." Il a voulu également remercier les gens de sa génération. "Il y a des gens qui n'aimeront pas ce que nous sommes, ce que nous faisons, mais nous pouvons changer le monde, accrochons-nous à nos rêves. Les artistes peuvent changer le monde. Je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais. Ce prix en est la preuve la plus rayonnante", a-t-il conclu dans un sanglot.

Comme prévu, Jean-Luc Godard n'avait pas pris la peine de se déplacer.

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Xavier Dolan © afp

Le prix de la mise en scène a été attribué à Bennett Miller pour "Foxcatcher", ce film retraçant un terrible fait divers américain avec Channing Tatum, Mark Ruffalo et Steve Carell méconnaissable. Sophia Loren a remis le Grand Prix aux film italien "Les merveilles" de Alice Rohrwacher. Et enfin, la Palme d'or a été remise à "Winter Sleep" de Nuri Bilge Ceylan. Il était annoncé favori sur les sites de pari en ligne avant même le début des projections. Un film de 3h16. "La vie d'Adèle", récompensé du même prix l'année passée, durait également 3 heures. C'est sûr, avec 1h35 de film, les Dardenne n'avaient aucune chance...

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