Plein écran
© belga

Ronald Janssen, portrait d'un tueur de la nuit

Hyper-médiatisé en Flandre (la salle d'audience était pleine à craquer mardi), le procès de Ronald Janssen n'est autre que celui du dernier tueur en série du pays, celui d'un psychopathe à la double personnalité. Les débats tiendront en haleine tout le Nord du pays, qui se fascine pour l'affaire. Plus de 250 journalistes ont fait une demande d'accréditation. Ce vendredi, place à la lecture de l'acte d'accusation par l'avocat général Patrick Boyen et à l'interrogatoire de Ronald Janssen.

Plein écran
Plein écran
Plein écran
© reuters
Plein écran
© belga
Plein écran
© belga
Plein écran
© belga
Plein écran
© reuters

Considéré par beaucoup comme un instituteur modèle, un homme jovial, sincère et responsable, Janssen avait aussi une face cachée. La nuit venue, il se muait en prédateur, violeur et tueur de jeunes femmes. Pour ses proches, "Ronny" (c'est le surnom que ses parents lui avaient donné) est aussi quelqu'un de nerveux, inflexible, soupçonneux, impulsif et solitaire. Son enfance a été marquée du sceau de la violence.

A l'école, on se moque de son zézaiement
Ronald Alain Janssen, né à Boorsem en 1969, est le troisième d'une famille de 4 enfants. Son père est mineur, sa mère femme de ménage. Dès sa plus tendre enfance, Ronald (qui effectue sa scolarité à Maasmechelen) est la cible de moqueries à l'école à cause de son zézaiement. Pour stopper les railleries, il frappe plusieurs camarades, ce qui lui vaut une suspension. Ensuite, il change d'établissement et étudie les sciences à Eisden, où il se plait davantage. A la maison, Ronald est terrorisé par son père, tyrannique et dépressif. Cette peur provoque des insomnies, qu'il gardera tout au long de sa vie. A ce propos, la VRT vient de révéler qu'il aurait tenté d'assassiner son père, diabétique, en lui injectant un liquide au lieu de l'insuline.

Après sa rhéto, Janssen entame des études supérieures à Hasselt, puis à  Louvain. Il finance son cursus en effectuant toutes sortes de petits boulots. En 1993, il obtient son diplôme d'ingénieur industriel avec distinction. Son rêve? S'engager comme coopérant en Amérique latine, raison pour laquelle il suit des cours d'Espagnol et se spécialise dans les techniques d'irrigation.

Collaborateur à l'opération 11.11.11
En 1993, il fait la connaissance de Nathalie, sa future épouse, et une année plus tard, les deux étudiants se mettent en ménage. Après ses études, Janssen collabore comme bénévole à l'opération 11.11.11. Dans son temps libre, il enseigne dans le domaine des programmes informatiques. En 1996, le couple s'installe à Genk, où Nathalie a trouvé un job chez LISEC. Après avoir été actif comme responsable technique et production à l'entreprise Festa Park à Genk, Janssen bifurque vers l'enseignement. De 1998 à 2000, il donne des cours de mécanique et d'informatique à Maaseik.

Durant l'été 2000, le couple déménage à Halen, où Janssen s'est déniché un job d'instituteur à Herk-De-Stad. Il y enseigne l'informatique, l'économie, la technologie, la mécanique appliquée. Ses élèves l'apprécient. A Loksbergen, il s'implique dans la vie associative de la commune. Grand amoureux de la nature, il part souvent à l'aventure la nuit.

Plainte pour viol (2005)
En 2005, les problèmes relationnels du couple mèneront à une rupture définitive. Leurs philosophies de vie semblent incompatibles. Janssen met cela sur le compte de ses insomnies. La relation connait un triste point d'orgue en décembre 2005: Nathalie dépose plainte contre son mari pour viol. Janssen lui aurait administré un anti-dépresseur (TRAZOLAN) avant de la violer. Selon lui, il s'agit d'une relation sexuelle consentante. L'affaire sera classée sans suite sur base du doute. A l'époque, le couple entretient des relations de voisinage conflictuelles avec la famille Appeltans.

En août 2008 (plus d'un an après le meurtre d'Annick Van Uytsel), il aurait confié à une connaissance que Kevin, le petit ami de Shana Appeltans, se moquait de lui et qu'il n'hésiterait pas à lui "tirer une balle dans la tête" s'il n'arrêtait pas.

"Si tu fais l'amour avec moi, je te relâche"
La nuit du 1er au 2 janvier 2010, Ronald Janssen met sa menace à exécution. Il s'empare de deux revolvers et d'une bouteille de white spirit remplie d'essence et sonne au domicile des Appeltans. Il somme Kevin de prendre le volant de l'Opel Corsa, Shana de prendre place à l'arrière. Arrivé à la Rozendelstraat, juste à côté de l'E-314, Janssen abat Kevin de deux balles dans la tête. Là, il prend le volant du véhicule et s'arrête un peu plus loin. Il promet à Shana de la libérer "si elle fait l'amour" avec  lui. Après le viol, il demande à la jeune femme de lui tourner le dos et l'abat froidement.

Après avoir nié dans un premier temps, il avoue tout. "Kevin me raillait depuis longtemps et j'étais le bouc émissaire de la famille Appeltans. Ce soir-là, il a tenté de m'écraser et m'a traité de sale porc. J'ai pété les plombs", confie le suspect aux enquêteurs.

Lâche jusqu'au bout?
Par après, le tueur avoue le meurtre sur Annick Van Uytsel en avril 2007. La nuit du 27 au 28 avril, il kidnappe, séquestre et frappe à mort (à l'aide d'un marteau) la jeune fille, revenue d'une soirée à Schaffen. Il se débarrasse du corps dans le canal Albert. Mardi, Ronald Janssen est apparu amaigri, pâlot et peu concerné par les évènements. Aujourd'hui/vendredi, il devra s'expliquer sur ces trois homicides volontaires. Face aux parents des victimes, qui ne demandent qu'à comprendre, aura-t-il le courage d'expliquer ses crimes abjects?

Michaël Bouche



Football en live

home logo Paris SGPSG
FIN
3-0
Real MadridRMA
away logo
home logo FC Bayern MunichFCB
FIN
3-0
Crvena ZvezdaROD
away logo
home logo Shakhtar DonetskSHA
FIN
0-3
Manchester CityMCI
away logo
home logo Atlético MadridATL
FIN
2-2
JuventusJUV
away logo
home logo FC BrugesCLU
FIN
0-0
GalatasarayGAL
away logo
home logo OlympiakosOLY
FIN
2-2
Tottenham HotspurTOT
away logo