Plein écran
© epa

Schulz et Juncker se disputent l'initiative pour les négociations

Les candidats à la présidence de la Commission européenne, Martin Schulz (S&D, socialiste) et Jean-Claude Juncker (PPE, conservateur), se sont disputés dans la nuit de dimanche à lundi l'initiative pour entamer les négociations en vue de trouver une majorité au sein du Parlement européen.

Constatant qu'il est le candidat du parti le plus important dans la nouvelle composition du Parlement européen, M. Juncker s'est dit prêt à accepter et assumer le mandat de président de la Commission européenne. "Je n'ignore rien des tractations de couloir, je n'ignore rien des tentatives d'imposer un autre candidat", a-t-il commenté.

"Je crois que j'ai une certaine légitimité", a-t-il souligné, avant de prévenir qu'il "ne courberait pas l'échine devant le parti socialiste". Un peu plus tôt, le candidat socialiste à la présidence de la Commission européenne, Martin Schulz, avait refusé de s'avouer vaincu avant que les résultats soient définitifs. Il a rappelé que les groupes politiques au Parlement européen ont prévu de se réunir mardi matin afin de discuter de la suite en ce qui concerne le futur président de la Commission.

Ils précéderont de quelques heures un dîner des chefs d'Etat et de gouvernement, invités par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, pour parler du même sujet. Tous les candidats à la présidence de la Commission ont une nouvelle fois rappelé que le président devrait être choisi parmi eux.

"Jean-Claude Juncker tentera sa chance, comme moi", a commenté M. Schulz. "Il va essayer de trouver une majorité, moi aussi", a-t-il poursuivi, ouvrant une brèche dans le compromis voulant que le candidat issu du plus grand parti prenne la main. "Je suis sûr que cette projection (de sièges, ndlr) n'est pas vraie", a-t-il insisté. "Et il faut arrêter avec les calculs arithmétiques et il faut que le Parlement européen commence les calculs politiques." Il a appelé à "changer l'Europe, dans une autre direction".

Le candidat des libéraux européens à la présidence de la Commission, l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt, a souligné que les deux premiers groupes (PPE et S&D) ont perdu ensemble près de 80 sièges. "Il faudra une base de négociation plus large", a-t-il commenté, appelant à "un nouveau pas en avant dans l'intégration européenne". Il a souhaité pour ce faire une majorité des deux tiers au sein du Parlement.

L'écologiste Ska Keller, qui se présentait en ticket avec José Bové, a indiqué que les Verts ne donneraient leur voix qu'à ceux qui prendraient en compte la problématique de l'écologie. Le candidat du PPE a encore précisé que s'il devait "devenir président de la Commission avec les voix de l'extrême-droite, (il) refuserait le mandat".