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Tepco critiquée pour sa communication de crise

La compagnie d'électricité Tepco, propriétaire exploitante de la centrale endommagée de Fukushima, est critiquée pour sa communication de crise brouillonne, alors que le Japon fait face à son pire accident nucléaire.

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"Tepco a déclaré que cet accident allait au-delà de qu'ils pouvaient imaginer, mais c'est à cela que sert la communication de crise", a estimé Tomohiro Takanashi, président de la Société japonaise de gestion de crise et des risques. "Ils sont supposés être préparés pour l'imprévisible".

Tokyo Electric Power (Tepco) a été sévèrement tancée par le gouvernement après l'irradiation de plusieurs ouvriers et la publication de chiffres erronés sur le niveau de radioactivité à la centrale, alors que son PDG est invisible depuis le début de la crise.

Dimanche, Tepco avait annoncé qu'un niveau de radioactivité 10 millions de fois plus élevé que la normale avait été mesuré dans de l'eau écoulée dans la salle des machines du réacteur 2, avant de reconnaître qu'il s'était trompé. Ce chiffre alarmiste avait été repris en boucle par les médias japonais et du monde entier dans l'intervalle.

Premier groupe électrique japonais, Tepco compte 44,6 millions d'abonnés, soit plus d'un tiers de la population de l'archipel. La nationalisation de la compagnie, qui a perdu près des trois-quarts de sa valeur à la Bourse de Tokyo, a été évoquée comme une option possible par le ministre délégué à la Stratégie nationale.

Les six réacteurs de sa centrale de Fukushima Daiichi (Fukuchima 1), sur la côte Pacifique à 250 km au nord-est de Tokyo, ont été fortement endommagés à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars. Les équipes de Tepco, aidées de militaires et pompiers, tentent de rétablir les systèmes de refroidissement des réacteurs malgré des fuites radioactives qui ralentissent les travaux.

Ayant reconnu une dizaine de jours avant la catastrophe avoir maquillé des rapports de contrôle de ses installations, Tepco est depuis lors accusée de fournir des informations incomplètes ou insuffisantes tant au gouvernement, qu'à ses ouvriers et au public.

Juste après l'accident, le Premier ministre Naoto Kan était entré dans une colère noire reprochant à l'opérateur d'avoir attendu une heure avant de l'informer de la première explosion sur l'un des réacteurs, selon un micro indiscret. L'absence pendant une semaine de son PDG Masataka Shimizu, 66 ans, tombé malade cinq jours après le séisme, a en outre été largement raillée par la presse.

L'exposition à d'importantes radiations de trois employés, apparemment mal protégés, a intensifié le concert de critiques. "Cet incident caractérise parfaitement les difficultés que connaît l'entreprise dans le partage de l'information", juge M. Takanashi. Lors des conférences de presse, ses responsables se contentent souvent de répondre: "Nous allons vérifier", déplore-t-il.

Pour lui, cependant, "Tepco fait mieux que par le passé et ses employés semblent être sincères dans l'information qu'ils donnent". Pour beaucoup cependant, la masse de données scientifiques livrées lors de conférences de presse distinctes de Tepco, du gouvernement et de l'agence de sûreté nucléaire ajoutent à la confusion.

"Le gouvernement devrait livrer au public une information mieux organisée. Parler de millisievert par heure ne signifie par grand chose pour le grand public", estime Akira Nakamura, professeur à l'Université Meiji. Au-delà, M. Nakamura juge que pour le seul pays "qui ait connu une attaque atomique, il y a trop d'accidents nucléaires au Japon. Tepco doit davantage prendre conscience de ses responsabilités en tant qu'exploitant de centrales nucléaires". (afp)