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Twin Twin, bonnet d'âne pour la France

eurovisionA mille lieues du succès du travesti à barbe Conchita Wurst, vainqueur samedi de l'Eurovision 2014, l'excentrique "Moustache" du trio Twin Twin a valu la dernière place à la France, sa pire performance dans l'histoire d'un concours qui ne lui réussit plus depuis longtemps.

"On pensait qu'il nous manquait une moustache... Il semble que nous avions en fait besoin d'une barbe! Bravo l'Autriche..." Beaux joueurs, les Twin Twin ont salué sur Twitter (avec le sourire et en anglais) la victoire du travesti autrichien, star de l'édition 2014.

Pour autant, avec seulement deux points glanés en dépit d'une débauche de déhanchés et de couleurs pendant l'electro et sautillant "Moustache", le trio pouvait être déçu. La France termine 26e et dernière, soit son plus mauvais classement dans ce concours.

La cinquième et dernière victoire française commence sérieusement à dater (Marie Myriam en 1977 avec "L'Enfant et l'oiseau"). "Ils savaient qu'ils ne seraient pas premiers mais le choc est rude", reconnaît Marie-Claire Mezerette, directrice des divertissements de France 3, diffuseur du concours. "Forcément, on n'est pas très à l'aise mais on garde la tête haute, car c'est un groupe qu'on soutient. Il a un univers artistique, ils ont de l'humour, même si cela n'a pas fonctionné", ajoute-t-elle.

Quels que soient les genres de musique ou la renommée des artistes en lice (Patricia Kaas, les Fatals Picards, Sébastien Tellier, Anggun, Amandine Bourgeois...) , la France peine depuis plusieurs années à séduire les jurés et téléspectateurs européens. Lors des dix dernières éditions, seule Patricia Kaas, en 2009, a atteint le Top 10. Certains expliquent ces contre-performances par la solidarité existant entre certains pays au moment des votes des jurys professionnels (50% de la note), notamment entre pays scandinaves ou pays de l'ex-URSS.

La France, elle, apparaît isolée et ne peut même pas compter sur les voix de ses téléspectateurs, peu mobilisés par rapport à d'autres pays. Une explication simpliste, juge toutefois Marie-Claire Mezerette: "Quand on regarde le Top 3 cette année, ce sont trois superbes chansons, il n'y a pas de géopolitique..."

Le second degré n'a pas sa place à l'Eurovision
"Le pari de la chanson décalée et de l'humour" retenu cette année "fonctionne bien en France mais pas quand c'est transposé à l'international", notamment en raison de la barrière de la langue, relève pour sa part Jean-Marc Sauvagnargues, batteur des Fatals Picards, 22e sur 24 pays en 2007. Une solution serait, selon lui, d'obliger chaque pays à chanter dans sa langue nationale et non en anglais, utilisé par la quasi-totalité des candidats.

L'Eurovision, "c'est un concours de variétés très grand public" où le français et le "second degré" n'ont pas vraiment leur place, confirme le journaliste musical Bertrand Dicale, qui ne voit rien de "sulfureux" dans la barbe du vainqueur autrichien ni dans sa chanson "Rise Like A Phoenix".

Plutôt que de briller à l'Eurovision, il est plus important que la France continue de défendre la "singularité" de sa scène musicale dans un "marché international de plus en plus uniformisé", relève-t-il, estimant que "les Twin Twin sont de vrais artistes et le resteront" malgré la défaite.

Candidate pour la France en 2001 avec une belle 4e place, la Canadienne Natasha St-Pier trouve également "admirable que la France fasse le choix de ne pas faire le compromis du consensuel en allant vers l'anglais".

Malgré les réticences de certains artistes à participer à un concours parfois qualifié de "kitsch","on peut pas dire que ça démolit une carrière", assure la chanteuse à l'AFP. "Anggun, qui n'a pas gagné (en 2012), continue de chanter, et Amaury Vassili (candidat en 2011) est toujours autant demandé".

Même loin du podium, les Fatals Picards ont "doublé leur visibilité" en passant à l'Eurovision, assure aussi le batteur d'un groupe qui donne chaque année une centaine de concerts et se produira en novembre pour la sixième fois à l'Olympia.

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