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L'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA). © photo_news

Un Syrien qui a reçu un visa soupçonné de crimes au nom d'Assad

UpdateLes services de l'asile examinent plus particulièrement le cas de l'un des 1.502 Syriens qui a reçu un visa humanitaire pour venir en Belgique du temps de Theo Francken. L'homme serait impliqué dans les crimes commis par le régime du président Bashar el-Assad, selon une information de "Het Laatste Nieuws" confirmée à bonne source.

Ce ressortissant syrien n'est pas venu par la filière du conseiller communal N-VA Melikan Kucam mais par un autre intermédiaire: le religieux Dibo Habbabé.

Manque de contrôle
Si une procédure classique, comportant un "contrôle suffisant", avait été suivie, il n'aurait sans doute jamais reçu de visa, indiquait-on à même source. Mais puisqu'il se trouve désormais en Belgique, il sera très difficile de le renvoyer en Syrie.

Maggie De Block flingue la gestion de Theo Francken
Mercredi, la ministre Maggie De Block, s'appuyant sur les conclusions d'une enquête administrative, s'est montrée très critique sur la façon dont son prédécesseur, Theo Francken, a recouru aux visas humanitaires. Selon ce rapport, le secrétaire d'Etat N-VA a mis sur pied un canal de migration opaque, n'offrant pas les garanties d'un traitement équitable et ne répondant pas au prescrit habituel en matière de sécurité.

Le millier de bénéficiaires d'un visa fera l'objet d'un screening

Le millier de bénéficiaires d'un visa humanitaire obtenu dans le cadre de la procédure collective initiée par le cabinet de l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken sur la base de listes fournies par au moins treize intermédiaires particuliers fera l'objet d'un screening policier, a indiqué jeudi à la Chambre le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem. Celui-ci demandera leurs noms à sa collègue Maggie De Block qui a succédé à M. Francken à la tête du département.

M. De Crem était interrogé jeudi à ce propos par le député Georges Dallemagne (cdH).

Le screening commencera par les 121 personnes qui ont obtenu un visa et qui ont ensuite disparu dans la nature sans avoir demandé l'asile et sans s'être enregistrées. Il sera également demandé à l'Office des étrangers de communiquer le nom d'une personne soupçonnée d'avoir été impliquée dans des crimes commis par le régime de Bachar el-Assad, et qui a obtenu un visa alors qu'elle représente un risque en raison de problèmes avec la sécurité nationale ou de son implication dans le conflit syrien. L'absence de filtre préventif approprié a permis qu'un visa lui soit octroyé.

Le ministre de l'Intérieur a confirmé que les bénéficiaires d'un visa humanitaire via une procédure collective n'ont pas fait l'objet de contrôles par la police fédérale, qui n'a pas été sollicitée par l'Office des étrangers ou le cabinet de l'ancien secrétaire d'Etat. 

Un screening a été effectué par la Sûreté de l'Etat mais celui-ci n'est pas exhaustif, a-t-il précisé. Selon M. De Crem, cette situation peut poser un "éventuel problème de sécurité" en Belgique et dans la zone Schengen.

Au coeur de l'affaire des visas humanitaires se trouve notamment un des intermédiaires de l'ex-cabinet Francken, le conseiller communal malinois Melikan Kucam (N-VA) mis sous mandat d'arrêt pour trafic d'êtres humains, organisation criminelle, corruption passive et extorsion. 

Le beau-frère de M. Kucam a lui été arrêté dans un dossier criminel lié à un clan mafieux anversois et selon le ministre De Crem, un lien entre les deux affaires n'est "pas à exclure".

Répondant au député Hendrik Vuye, le Premier ministre Charles Michel a pour sa part assuré que le gouvernement n'était pas au courant de ces procédures collectives de visas humanitaires que l'ex-cabinet Francken gérait seul, avec des intermédiaires particuliers. 

Le gouvernement avait préalablement contrôlé deux opérations collectives d'octroi de visas humanitaires gérées par l'organisation catholique Sant'Egidio. 

M. Michel a jugé les faits "particulièrement sérieux". Il s'est dit "choqué" par les informations mises au jour par une enquête administrative commandée par le gouvernement en affaires courantes, soulignant que si elles avaient été rendues publiques alors que M. Francken était encore membre du gouvernement de plein exercice, il "aurait probablement dû en démissionner".

Au sein du MR, que préside à nouveau Charles Michel, Theo Francken reste cependant populaire comme en ont témoigné diverses marques de sympathie ces dernières semaines. 

"Être vu tel le Francken wallon ne me dérange pas", indiquait le 9 février dernier le ministre Denis Ducarme. Après avoir dû rebrousser chemin face à une manifestation hostile à sa présence à Verviers, Theo Francken s'est par ailleurs vu inviter à prendre la parole par la bourgmestre de Jurbise Jacqueline Galant, et à Mons, par le Délégué général du MR Georges-Louis Bouchez.

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