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Une histoire d'amour stoppée en plein vol: nos premières larmes

Dans les premières minutes du film, Eleanor et Connor s'aiment follement. Dans le plan suivant, Eleanor enjambe le Brooklyn Bridge et saute.

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Ned Benson, le réalisateur de "The disappearance of Eleanor Rigby" va mettre du temps à nous parler du drame qui a poussé la jeune femme à vouloir commettre l'irréparable. Eleanor s'en sort. Elle change de numéro de téléphone, de coupe de cheveux, de vie. Elle ne sait pas où elle va, ni comment faire. Elle ne parle de ses tourments ni à son père psy, ni à sa mère qui boit du Chardonnay par tous les temps et pour toutes les occasions (parfaite Isabelle Huppert), ni à son mari. Surtout pas à son mari. Elle ne veut plus vivre avec lui même si elle l'aime encore. Connor refuse l'inacceptable.

Ned Benson nous livre avec "The disappearance of Eleanor Rigby" l'histoire d'un amour démoli par un coup du destin. Une histoire qui nous a fait monter les larmes aux yeux. Eleanor et Connor n'arrivent plus à vivre à deux mais ne peuvent pas pour autant vivre l'un sans l'autre. La vie les a surpris, de la pire des manières et ils doivent apprendre à composer avec la peine. Mais comment faire? Pour continuer à rire, à faire des projets. Ils choisissent la fuite, chacun à leur manière, parce qu'ils ne peuvent pas faire face. Ils s'emmurent dans le silence jusqu'au jour où enfin, la lumière revient.

C'est l'histoire triste et délicate de deux solitudes, de deux âmes égarées, de deux points de vue différents sur un drame et sur une amour. C'est bouleversant et magnifiquement porté par Jessica Chastain et James McAvoy. Le film, normalement découpé en deux: sa version à lui (Him) et sa version à elle (Her), est devenue un mélange des deux à Cannes (Them). On a désormais l'impression que cette histoire nous appartient un peu. Les larmes d'Eleanor ont encore un goût de sel sur nos lèvres. Ce sont des images, des regards et des gestes qu'on n'oubliera pas de sitôt.