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Wawrinka crée l'exploit contre un Nadal blessé

Stanislas Wawrinka vient de décrocher son premier titre en Grand Chelem face à l'implacable Rafael Nadal, aujourd'hui en finale de l'Open d'Australie. Le Suisse dont les chances étaient réputées très minces, s'est d'abord très bien défendu contre le monstre Nadal, remportant les deux premiers sets 6-3, 6-2. Le Majorquin est cependant entre temps sorti du court pour voir un médecin et a ensuite été soigné sur le terrain, souffrant visiblement du dos. La victoire ne semblait plus être qu'une formalité pour Wawrinka contre un Nadal absent et encore aidé par un kiné lors de l'interruption. Rafa, qui ne s'avoue jamais vaincu, a tout de même décroché le 3e set, relançant la partie et permettant au Suisse de remporter son premier Grand Chelem avec un minimum de panache. Wawrinka a en effet clos le match en gagnant le 4e set 6-3.

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La douleur de Nadal aura fait mentir les statistiques défavorables à Wawrinka. Nadal, qui disputait sa 19e finale dans un Majeur, sa troisième à Melbourne, où il s'est imposé en 2009, n'a pas réitéré l'exploit ce dimanche. Lui qui a gagné 13 de ses 18 finales a laissé, sur blessure, le Suisse le dominer. Jusqu'ici, seuls deux joueurs l'avaient battu dans ce cadre là : Novak Djokovic (Wimbledon et US Open 2011, Open d'Australie 2012), et Roger Federer (Wimbledon 2006 et 2007). Un Federer dont le record du nombre de titres en Grand Chelem (17) devait se retrouver à moyen terme sous la menace de l'Espagnol, si celui-ci l'avait emporté dimanche.

Sifflets
Cette finale aura en tout cas connu une issue dramatique, Nadal s'étant blessé au dos au début du second set. Il a en effet dû sortir du court pour se faire soigner à 2-1 pour Wawrinka. L'Espagnol est revenu quelques minutes plus tard sous les sifflets d'une partie du public, qui n'avait pas compris que la blessure était manifestement sérieuse.

A partir de là, il est en effet apparu évident que Nadal, au bord des larmes, ne pouvait pratiquement plus servir, frappait la balle avec la plus grande difficulté et avait aussi beaucoup de mal à se mouvoir.

Jusqu'au bout
Par respect pour son adversaire et pour le public, il a décidé de rester malgré tout sur le court, en conservant un maigre espoir de récupérer son intégrité physique.

Le match n'a duré qu'en raison de l'incapacité de Wawrinka à l'abréger. Ne sachant comment s'y prendre face à un joueur aussi visiblement diminué, le Suisse a complètement perdu sa concentration.

Un supplice
Bougeant un peu mieux, Nadal en a profité pour breaker en début de troisième set et maintenir cet avantage jusqu'au bout de la manche. La suite est devenue presque pénible à regarder.

Malgré des erreurs multiples, Wawrinka a fini par prendre enfin le service de Nadal pour mener 4-2 dans le quatrième set. Mais il a complètement craqué sur le jeu d'après en le concédant blanc.

L'Espagnol était cependant vraiment trop affaibli. Il n'a rien pu faire sur son jeu de service suivant et, cette fois-ci, le Suisse à réussi à conclure.
Wawrinka est, à 28 ans, le deuxième Suisse à remporter un titre du Grand Chelem après Roger Federer, le détenteur du record (17). Nadal reste lui bloqué à 13 titres.

La fin d'une série noire contre Nadal pour Wawrinka
Wawrinka est historiquement le joueur que Nadal se plaît le plus à persécuter. Le Majorquin l'a battu 12 fois sur 12, sans jamais perdre un set. Aucun autre joueur n'a eu de pires résultats contre Nadal. Autant dès lors plier bagages sans attendre et rentrer à la maison. Mais il n'en est évidemment pas question quand on a attendu si longtemps pour toucher du doigt son rêve. Et quand on s'appelle Stanislas Wawrinka. Car le bonhomme, qui a construit toute sa carrière sur son aptitude au travail, sa persévérance, n'est pas de ceux qui s'avouent vaincus avant même d'entrer sur le court.

"Je ne regarde pas mes stats. Je me fiche de savoir combien de fois j'ai perdu contre lui, assurait-il à la veille du match. C'est juste que son jeu est difficile pour moi et mon revers à une main." "Avec Djokovic c'était pareil. J'avais perdu 13 ou 14 fois contre lui avant ça, observait-il. Juste le fait que je tente toujours et que je pense toujours que je peux changer les statistiques c'est positif."

"J'ai plus confiance en moi"
Le Suisse, qui sera lundi N.3, soit le meilleur classement de sa carrière -devançant ainsi pour la première fois Federer-, était persuadé à raison d'avoir sa chance. Depuis l'arrivée à ses côtés en avril de l'entraîneur suédois Magnus Norman, Wawrinka n'est plus tout à fait le même homme. Il a atteint sa première demi-finale en Grand Chelem à l'US Open, et s'est qualifié pour la première fois pour le Masters (demi-finale), où il a bien tenu tête à Nadal.

Cette semaine, il a successivement écarté en quart Djokovic, le N.2 mondial et triple tenant du titre, et en demi-finale Tomas Berdych (N.7). "J'ai plus confiance en moi, constatait-il. Je sais en entrant sur le court que je peux battre à peu près n'importe qui, même dans une grande occasion comme une demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem maintenant." "J'ai joué tellement de fois contre lui, perdu tellement de fois, mais je vais encore essayer, promet-il. Je sais ce que je dois faire: être agressif, servir très bien, et toujours le mettre sous pression." Il  n'aura pas respecté ses plans à la perfection, mais il aura remporté son 1er Grand Chelem. Pas avec le panache dont un joueur rêve, Nadal étant au centième de ses capacités, mais peu importe, Wawrinka peut fêter une victoire de toutes façons bien méritée.