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Mario Balotelli. © REUTERS

L’Hellas Vérone bannit le chef de ses Ultras jusqu'en 2030 pour ses propos sur Balotelli

MISE À JOURL’Hellas Vérone a annoncé mardi avoir interdit de stade jusqu’en juin 2030 Luca Castellini, chef des Ultras du club, qui avait déclaré lundi que Mario Balotelli n’était pas “totalement Italien”. “Balotelli est un clown. Il a seulement entendu (ces cris) dans sa tête”, avait-il également réagi, ce lundi, sur une radio locale.

Dans un communiqué, l’Hellas évoque “des considérations et expressions gravement contraires à ce que prévoient les principes éthiques et les valeurs de notre club”. Lucas Castellini avait tenu des propos qui ont choqué après un match où Mario Balotelli a marqué mais a surtout été la cible de cris racistes par des “supporters” du club italien. 

Interrogé lundi sur une radio italienne, Castellini, membre actif du parti néo-fasciste Forza Nuova, avait estimé que Balotelli était “Italien parce qu’il a la nationalité italienne”, mais qu’il ne pourrait “jamais être totalement Italien”. “Nous aussi on a un nègre dans l’équipe. Hier il a marqué et toute la ville a applaudi”, avait-il ajouté.

Furieux lors du match entre l’Hellas Vérone et Brescia, Mario Balotelli avait expédié violemment le ballon en direction des supporters du Hellas Vérone, puis était sorti des limites du terrain, proche de quitter définitivement la rencontre. Le match avait été interrompu quelques minutes puis le speaker du stade avait indiqué que les joueurs rentreraient aux vestiaires en cas de nouvel incident du même genre. “Vous devenez fous. Réveillez-vous, ignorants”, avait déclaré l’attaquant de 29 ans sur Instagram au lendemain de la rencontre.

Alors qu’une vidéo diffusée dimanche sur les réseaux sociaux permet d’entendre des cris de singes en provenance des tribunes, Luca Castellini assurait ce lundi que “ces chants venaient de seulement quatre personnes, et ont été entendus uniquement par ceux qui ont visionné cette vidéo”.

“Cela n’a plus rien à voir avec le football”

“Nous avons une identité culturelle particulière. Nous sommes un groupe de supporters irrévérencieux, nous nous moquons des joueurs chauves, aux cheveux longs, des joueurs du sud et de ceux de couleur, mais nous faisons cela sans visée politique ou raciste”, a-t-il également déclaré.

“Cela, mes amis, n’a plus rien à voir avec le football”, a répondu Mario Balotelli sur Instagram, ajoutant: “Vous parlez d’une situation historique et politique bien plus grande que vos esprits fermés.”

Un secteur du stade de Vérone suspendu un match

La commission de discipline de la Ligue italienne de football a, de son côté, décidé de la fermeture pour un match d’un secteur du stade de Vérone, d’où étaient partis dimanche des cris racistes envers l’attaquant de Brescia.

Le secteur en question est le secteur “Poltrone Est” du stade Bentegodi de Vérone. Il peut accueillir environ 3.500 spectateurs, le stade comptant en tout un peu plus de 30.000 places. Dans son communiqué, la commission explique que les cris en question “ont été clairement perçus, en plus du joueur, par le délégué positionné à proximité”. La commission estime également que “après ces cris (...) se sont levés des cris de soutien suivis de longs applaudissements”.

Le phénomène des cris de singe est récurrent dans les stades italiens et, cette saison, le Belge de l’Inter Milan Romelu Lukaku, l’Ivoirien de l’AC Milan Franck Kessié, le Brésilien de la Fiorentina Dalbert ou l’Anglais de la Sampdoria Gênes Ronaldo Vieira en ont déjà été victimes.