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Gitte et sa fille Daya © HLN

La mère du bébé malade dont Michy Batshuayi n’a jamais voulu: “En moins d’un jour de travail, il peut lui rendre l’ouïe”

Quelque part à Duffel, vit une fillette de deux ans partiellement sourde qui ne comprend pas encore le conflit qui oppose sa mère, Gitte Vander Elst, 27 ans, à son père biologique. La petite fille n’a rien saisi du procès où un juge a condamné son père à passer un test ADN pour attester du lien de filiation, l’a condamné à payer une contribution alimentaire et l’a cité à comparaître pour abandon de famille. L’enfant s’appelle Daya, son père est le Diable rouge Michy Batshuayi. Het Laatste Nieuws a recueilli les propos de la jeune femme.

Tout a commencé une nuit de février 2017 dans une chambre d’hôtel de Londres que la Belge Gitte Vander Elst partage avec Michy Batshuayi, le footballeur belge évoluant à Chelsea. La suite aurait pu ressembler à un conte de fées, mais tourne au cauchemar. La jeune femme tombe enceinte du Diable rouge, mais ce dernier ne veut pas entendre parler de l’enfant. Daya naît le 23 novembre 2017, malheureusement très malade. “Une bien triste histoire”, décrit Stefanie Keyser, l’avocate de Gitte Vander Elst au sujet de cette affaire jusqu’ici restée secrète. “La dernière chose que Gitte voulait, c’était un procès. Elle est bien trop douce pour cela. De ceux qui fuient le conflit”. Mais l’état de santé de Daya est tel que sa mère se voit forcée de renoncer à son emploi pour passer ses journées auprès d’elle à l’hôpital. Le célèbre père, qui a signé un contrat à 40 millions d’euros avec le club londonien et gagne quelque 137.000 euros par semaine, refuse toujours de se manifester. La Belge n’a d’autre choix que d’entamer des procédures.

Contribution alimentaire enfin réglée

“De toute façon, la loi ne permet pas d’abandonner son enfant. Elle était dans son bon droit de demander à Batshuayi qu’au minimum il assume la charge financière de l’enfant et en tout cas qu’il paie la moitié des frais médicaux”, rappelle l’avocate. Le juge a suivi cette requête rapidement: en mars 2018, un test ADN est exigé car Michy Batshuayi conteste toujours la paternité. Un an plus tard, le juge de la famille donne son verdict: il n’est pas seulement le père biologique de la fillette, il est aussi son père au sens juridique de terme. Le jeune homme est condamné à verser une contribution alimentaire de 2.400 euros. Curieusement, il ne fait pas appel pour la contribution alimentaire, mais bien du statut de père juridique de la petite fille. Vu que la contribution n’était toujours pas réglée après plusieurs mois, une procédure d’urgence a été lancée: “Et en même temps, nous avons introduit une plainte au pénal pour abandon de famille. Depuis lors, il s’est acquitté de sa dette”, explique l’avocate.

“Si Daya devient aussi forte que sa maman quand elle sera grande, alors elle pourra vivre avec le fait que son propre papa a fait le choix de ne pas la connaître”, résume Gitte Vander Elst. Elle explique qu’elle n’était pas officiellement en “couple” avec le Diable rouge lorsque le bébé a été conçu mais qu’ils échangeaient depuis quelques années. “Cela n’enlève rien au fait que j’ai cru, à l’époque, que ça allait évoluer vers quelque chose de beau et fort entre nous. Je n’avais que 20 ans quand Michy, qui jouait encore au Standard, m’a contactée pour la première fois en 2013. Comme ça, via Instagram. Il m’a demandé si on pouvait se rencontrer. C’était l’époque où les médias avaient parlé de lui, et pas en bien, au sujet de call-girls (qu’ils avaient invitées dans leurs chambres d’hôtel avec Ibrahim Cissé lors des qualifications pour l’Euro 2015, N.D.L.R.). Donc non, je ne voulais pas d'un rendez-vous avec lui. Il passait pour un playboy. Un mois plus tard, il commençait une relation avec une femme qui allait elle aussi devenir la mère de son enfant”, raconte-t-elle.

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Michy Batshuayi à Tubize, en novembre dernier © Photo News

“Ce sera ton enfant, pas le mien”

“Trois ans plus tard, en décembre 2016, il m’a à nouveau contactée sur Instagram. Il avait dit que j’étais belle, en commentaire d'une photo de moi en robe rouge. Je savais qu’il avait eu une petite fille depuis, il m’a dit qu’il était à nouveau célibataire. En fait c’était faux. Comme j’étais moi-même célibataire, alors pourquoi pas? Michy et moi avons commencé à discuter, il voulait me voir. On s’est donné rendez-vous sur une place à Bruxelles et cela s’est vite terminé dans une chambre d’hôtel. Je ne ressentais rien pour lui, c’était une histoire d'un soir. Mais on a continué à s’envoyer des messages et en février 2017, il m’a demandé de le rejoindre à Londres. J’y suis allée et on s’est vus pour la seconde fois. Très peu d’ailleurs, car il devait constamment être au club. J’ai compris après pourquoi on ne pouvait pas se voir chez lui: il était fiancé. Mais sur le moment, il était gentil, charmant, agréable. Donc j’ai voulu laisser la chance que quelque chose naisse entre nous”. 

Peu après, le choc. “J’ai découvert que j’étais enceinte, alors que j’étais sous pilule. Quelque chose a dû se passer. Mais j’ai rapidement été heureuse à l’idée de devenir mère, même si j’avais très peur de l’annoncer à Michy parce que cela n’avait jamais été mon but. J’ai attendu deux mois puis je lui ai annoncé par message”. Il a fait le trajet de Londres plusieurs fois pour en parler. Il est resté gentil, mais voulait absolument que j’avorte. Qu’il serait là pour moi. Mais quand j’ai dit que je garderais l’enfant, son ton a changé. Il envoyé des messages du genre: ‘Je suis une star, tu ne peux pas me faire ça!’ Et aussi: ‘Tu DOIS avorter!’ ou ‘C’est ton enfant, pas le mien’. Lorsque je lui ai envoyé des photos de l’échographie pour le faire changer d’avis, il a répondu: ‘Je ne veux pas voir ça, c’est TON bébé’. Maintenant je comprends pourquoi il s’opposait à ce point à cette grossesse: il venait de se fiancer à une autre”, évoque-t-elle.

CMV

“Il m’a traitée de ‘pute’ et m’a bien dit mille fois que je l’avais fait exprès, que je l’avais volontairement piégé. J’ai juré que c’était faux, mais il a commencé à me menacer et exiger que je ne parle de ça à personne. Je me suis donc tue longtemps. J’ai beaucoup pleuré durant la grossesse, je ne pouvais partager cela avec personne à part mes parents et quelques amis. Et puis, j’ai attrapé le CMV durant le premier mois de ma grossesse. Le risque, minime, existait que le virus atteigne le foetus et qu’il naisse sourd ou aveugle ou qu'il meure durant sa première année de vie”. Michy n’a été prévenu que quelques jours après la naissance, mais n’a depuis lors jamais réagi, pas même aux photos de la petite fille. 

Malheureusement, peu après la naissance, Gitte a appris que Daya avait bel et bien attrapé le CMV, qu’elle n’entendait pas d'une oreille et présentait des kystes au cerveau. “Aujourd’hui nous ne savons toujours pas exactement quelles seront les conséquences sur sa vie, si elle aura un retard mental. Daya a beaucoup séjourné à l’hôpital depuis qu’elle est née, subi beaucoup de traitements et d’examens. Jusqu’à ses 6 ou 7 ans, il est probable qu’elle perde encore l’ouïe de l’autre oreille. Quand j’ai dit à Michy que sa fillette était dans le besoin, il a bloqué mon numéro. Cela m’a fait tellement de peine que là, j’ai appelé un avocat”, relate la jeune femme. 

“Sur Instagram, il se vante de visiter un hôpital pour enfants!”

“Le pire, c’est que Daya a besoin d'un implant auditif qui coûte entre 20.000 et 30.000 euros, et je n’ai pas cet argent. Après déduction des impôts, je retire 1.600 euros par mois de la contribution alimentaire qu'il me verse, il me faudra des années pour économiser la somme nécessaire. D’autant que j’ai perdu mon travail d’hôtesse en devant constamment rester auprès de Daya à l’hôpital. Lui pourrait payer cet implant facilement, rendre l’ouïe à sa fille ne lui coûte même pas une journée de travail. Il lui éviterait d’avoir une voix nasale et de pouvoir entendre parfaitement même dans un environnement bruyant. Je ne comprends pas qu’on puisse laisser son enfant à son propre sort comme cela. Je ne veux pas de Michy dans ma vie. Mais dans l’intérêt de Daya, j’aimerais qu’il ait un lien avec elle. En décembre dernier, il visitait un hôpital pour enfants avec des joueurs de Chelsea. Sur Instagram, il a posté une photo avec en commentaire ‘Toujours un plaisir d’être avec des enfants, heureux de rendre aux gens un peu de joie, surtout en cette période de fêtes!’ Cela m’a terriblement blessée. Et son propre enfant, alors? Ma mère qui ne réagit jamais sur les réseaux a quand même commenté cette fois: ‘Tu es sérieux? Le père de l’année!’”, a-t-elle ironisé. 

Ces propos recueillis par Het Laatste Nieuws ont évidemment été suivis d'une demande de réaction auprès de l’intéressé, Michy Batshuayi. Son agent a cordialement invité nos collègues à se tourner vers son avocat français en ce qui concerne cette affaire. Celui-ci a renvoyé la balle à son avocate belge, qui devait recontacter la rédaction. Aucun appel n’a jamais suivi.