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Jean Vuarnet, entouré de ses fils Pierre (G) et Alain (D) lors des funérailles d'Edith et Patrick, le 6 janvier 1996. © ap

Le destin tragique du skieur Vuarnet, dont la famille fut décimée par une secte

VideoLe champion français de ski est décédé lundi à 83 ans. En dehors de sa superbe carrière et de son apport révolutionnaire à son sport favori, Jean Vuarnet a souffert des morts de sa femme et de l'un de ses fils, victimes d'un suicide collectif perpétré par la secte de l'Ordre du temple solaire dont ils étaient membres.

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Un champion s'en est allé. Jean Vuarnet a tiré sa révérence à l'âge de 83 ans dans sa maison de Sallanches en Haute-Savoie. Spécialiste de la descente, l'homme originaire de Tunis arrivé à Morzine à l'âge d'1 ans, a remporté la médaille olympique et le championnat du monde de descente en 1960.

Deux victoires obtenues grâce à une position révolutionnaire à l'époque. Jean Vuarnet fut en effet le premier à adopter la technique de "l'oeuf", à savoir le haut du corps groupé comme un foetus sur les genoux, lui conférant un meilleur aérodynamisme. Premier skieur sacré avec des skis métalliques, Vuarnet portait également des lunettes de protection avec un verre nouveau, qui accroît la luminosité. Il donnera son nom aux montures en question et deviendra, également, le fondateur de la station de ski Avoriaz.

La nouvelle station d'Avoriaz de Jean Vuarnet | Archive INA

Abonnez-vous http://bit.ly/InaSport 28 janvier 1966 Reportage sur la station de sports d'hiver créée par Jean VUARNET : Avoriaz. Présentation par Jean VUARNET de la station "sans voitures", où tout a été conçu pour la pratique du ski et où l'architecture a été voulu moderne mais adaptée au site.

Suicide collectif

Hélas, cette réussite sportive et commerciale est entachée d'un drame
familial. En 1995, Vuarnet perd Edith, son épouse, et Patrick, le cadet de la famille, lors du suicide collectif des adeptes de l'Ordre du temple solaire.

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1995, seize corps sont retrouvés carbonisés et disposés en étoile dans une carrière du Vercors. La famille Vuarnet avait découvert l'appartenance à la secte de deux des leurs un an plus tôt, en octobre 1994, lors d'un premier massacre où 53 personnes ont trouvé la mort, en Suisse et au Canada. À cette époque, des journalistes débarquent à Morzine pour interroger Patrick Vuarnet, 27 ans.  "Ils sont très bien renseignés", se souvenait Alain Vuarnet dans Paris Match.

"Je découvre hélas que Patrick l'est aussi. Il répond avec une incroyable
précision, et se livre à la description minutieuse de la secte à laquelle
il appartient". Au fil de l'interview, Alain Vuarnet remarque des réactions étranges de sa maman. "Au fur et à mesure que Patrick avance dans ses divulgations, je vois maman cligner des yeux, incliner la tête. Elle finit par nous faire comprendre que, elle aussi, fait partie de la secte".

Rituel macabre
Malgré la promesse de quitter l'Ordre, l'ancienne championne de ski et son fils sont retrouvés morts quelques mois plus tard, plus de huit jours après leur disparition. Les Vuarnet réfutent la thèse du suicide, font exhumer les corps à plusieurs reprises et s'étonnent de la présence de blessures par balles et de phosphore sur les lieux du massacre. 

Le 14 décembre 1995, la justice conclut que mère et fils ont avalé de leur propre chef des sédatifs avant d'être abattus volontairement par deux membres de la secte et brûlés. Un rituel macabre pour lequel personne ne fut condamné.

Que sait-on du massacre de L'Ordre du Temple Solaire ? | Archive INA

Abonnez-vous http://bit.ly/inasociete 15 avril 2001 Reportage. C'est à Grenoble que s'ouvrira mardi le procès visant l'ordre du Temple Solaire après la mort dans le Vercors de seize membres de la secte. L'unique prévenu est le chef d'orchestre Michel Tabachnik.

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