Des visiteurs nus ont questionné leur rapport au corps au musée de la Boverie

Ce mardi 3 décembre, à l'abri des regards indiscret s’est déroulé un événement unique en Belgique. Une dizaine de personnes ont déambulés entre les sculptures hyperréalistes de l’exposition “Ceci n’est pas un corps”, au musée de la Boverie à Liège, dans leur plus simple appareil.

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Le malaise des premiers instants s'est dissipé au fil de la visite. © Diana Vos

L’exposition “Hyperrealism Sculpture, Ceci n’est pas un corps” a été lancée le 22 novembre dernier et il semblerait qu’elle n’a pas fini de faire parler d’elle. Comme son nom l’indique, elle est centrée sur la représentation du corps et le rapport que l’on peut avoir avec celui-ci. “Dans nos sociétés modernes occidentales, depuis la fin des années 60, le langage du corps s’est libéré progressivement de ses carcans, a conduit et a accompagné les luttes d’émancipation porteuses de grands changements”, indiquent les organisateurs de cette exposition qui met en lumière plusieurs artistes du genre.

L'idée d'un influenceur

Si l’on peut visiter le musée et l’exposition quand on le veut, ce mardi, en fin de soirée, était réservé à des visiteurs particuliers. Stores noirs baissés sur les grandes baies vitrées de la Boverie, une groupe d’une quinzaine de personnes arborant la tenue d’Eve et le costume d’Adam a pu visiter l’exposition. Une idée lancée par l’influenceur liégeois Simon Herck, qui a invité ses abonnés à le suivre dans sa démarche. Le jeune homme est plutôt à l’aise avec la nudité, comme on peut le voir sur ses différents réseaux sociaux. Une nudité qu’il utilise pour faire rire et, parfois, pour dénoncer les dérives du cyberharcèlement dont il est la cible, comme d’autres personnes sur internet.

La majorité des visiteurs était là pour leur première visite de cette exposition hors du commun et c’est là, justement, que la demande fut intéressante pour les organisateurs. Ces visiteurs souhaitaient pouvoir comparer leurs corps avec les œuvres inédites présentées et le résultat fut au rendez-vous dès l’ouverture des portes.

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Simon Herck (gauche) est à l'initiative cette visite pas comme les autres. © Diana Vos

Après consultation de la société Tempora, conceptrice et productrice de l’exposition, l’agence Movietown a organisé, dans les règles et le respect imposés, cette expérience inédite, une visite pour le moins originale et surprenante de réalisme. Si un certain malaise était palpable au moment de se dévêtir, les visiteurs ont fini par se sentir à leur place, oubliant presque qu’ils étaient nus. “Être capable de se mettre à nu, au sens propre, devant les autres, c’est d’abord se lancer un défi, surpasser les peurs et les doutes que l’on peut avoir par rapport à soi-même. Dans un contexte naturiste, on ne montre pas, on ne s’exhibe pas, on est, tout simplement. Un retour à l’essentiel, détaché du paraître, permettant de vivre pleinement l’expérience de visite, de manière respectueuse, pudique et originale”, revendiquent les organisateurs.

Vu le succès et les retours positives reçus après cette visite, la société Tempora envisage de réitérer l’expérience. Des événements que le gestionnaire de l’exposition pensent organiser en fonction de la demande, et surtout, en les ouvrant à tout le monde.

L’exposition “Hyperrealism Sculpture, Ceci n’est pas un corps” se tiendra jusqu’au 3 mai 2020. Plus d'information sur le site de l’expo.

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