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Elle envoyait photos coquines et sous-vêtements à Louis Michel

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Le parquet a demandé ce lundi, devant le tribunal correctionnel de Nivelles, l'internement d'une admiratrice quinquagénaire de Louis Michel poursuivie pour harcèlement à l'égard de l'actuel commissaire européen. La femme ne s'est pas présentée devant le tribunal.

Depuis plusieurs années, la dame s'est véritablement prise de passion pour l'homme politique -qu'elle n'a pourtant jamais rencontré- et a décidé de lui faire savoir en lui envoyant de nombreux courriers. Ceux-ci contiennent des conseils sur des sujets de société mais aussi des propos à connotions amoureuses ou sexuelles. Des photos de la correspondante en tenue légère, un mouchoir voire des culottes ou sous-vêtements ont parfois été joints aussi.

A la Commission et à son domicile
Les courriers sont arrivés tour à tour à la maison communale de Jodoigne -fief de Louis Michel-, à la Commission européenne ou même au domicile privé du libéral brabançon wallon. Dès 2006, diverses plaintes ont été déposées pour harcèlement. Celles-ci émanaient d'un fonctionnaire européen chargé de recevoir le courrier de Louis Michel, de l'homme politique lui-même voire de son épouse. La dame avait alors reconnu les faits, mais en expliquant que Louis Michel ne l'avait jamais contactée pour lui demander d'arrêter.

"Réponse par médias interposés"
Présentée à un expert psychiatre, un traitement médicamenteux lui avait été prescrit suite au diagnostic d'une forme de déséquilibre. Les courriers avaient cessé quelques temps avant de reprendre fin novembre 2006: l'"admiratrice" pensait déceler des "signes" par télévision interposée, où elle voyait Louis Michel faire référence à ses conseils ou même à des membres de sa famille.

Encore en mai
A nouveau entendue par la police, elle a balayé l'argument de harcèlement au profit de l'échange sur "la gestion politique", tout en conseillant à Louis Michel d'aller en justice si cela le dérangeait. Dans l'intervalle avant sa citation devant le tribunal, la dame a coupé tout contact avec le psychiatre et même l'avocat commis à sa défense. Mais elle n'a pas cessé l'envoi de courriers. Les deux derniers sont arrivés en mai dernier.

Internement demandé
Le ministère public s'est finalement résolu à demander l'internement. "Même si le danger social semble limité à M. Michel, il faut prendre les mesures. La qualité de personnage public est presque une circonstance aggravante de fait et Louis Michel a droit à sa tranquillité comme tout le monde", a estimé la substitut Pamela Lonfils. Le tribunal rendra sa décision le 9 juillet. (belga)