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Le marché ambigu des maisons hantées

Un nouveau créneau très particulier est désormais devenu une réalité du marché immobilier à Hong Kong: celui des "maisons hantées", dont les murs ont été marqués par un fait divers ou une mort violente, pour lesquelles des offres de 15 à 20% inférieures aux montants habituels peuvent se négocier, dévoile mardi la chaîne américaine CNN.

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"Une femme de ménage a perdu l'équilibre en nettoyant les vitres", compte parmi les descriptions typiques de la section dédiée aux biens "hantés" du site squarefoot.com.hk © afp

A Hong Kong, les agents immobiliers sont légalement obligés de révéler les faits divers qui se seraient produits dans une propriété. Sur le site squarefoot.com.hk, l'histoire des biens est présentée de façon factuelle, avec une neutralité plus ou moins glaçante: "Une victime de sexe féminin s'est pendue", "Une adolescente de 13 ans a sauté du bâtiment, après une dispute avec sa mère", "Une femme de ménage a perdu l'équilibre en nettoyant les vitres", "Une vieille octogénaire, qui devait s'occuper d'un mari infirme et d'une fille retardée, a fait une chute et a été retrouvée morte au domicile" sont quelques unes des descriptions typiques.

"J'ai eu vent d'agents immobiliers qui utilisent une liste identifiant les biens avec des cotes d'une à quatre têtes de morts, correspondant à l'accident mortel jusqu'au meurtre médiatisé, mais je pense qu'elle reste officieuse", témoigne Eric Wong, agent lié au site, dont la section dédiée aux biens "hantés" a été ouverte récemment. "Les Chinois, et plus particulièrement à Hong Kong, n'aime pas les maisons où quelque chose de malheureux s'est produit", explique l'agent cité par CNN. "Elles peuvent donc se vendre moins cher, ce qui augmente les rentes locatives", ajoute-t-il. Dans les cas les plus sordides, les faits peuvent influencer les prix d'un étage entier, voire de l'ensemble d'un immeuble. "Cela dépend souvent des circonstances de la mort et des histoires et rumeurs qui l'entourent", explique M. Wong.

Les appartements au passé lugubre sont loués à des personnes qui ne partagent pas les mêmes croyances et superstitions, souvent des étrangers, parfois des infirmières ou des médecins chinois, "habitués" à la mort. Quand les biens ne trouvent vraiment pas d'acquéreur, le temps et l'oubli sont les seules solutions, la patience permettant éventuellement de spéculer et de faire repartir les prix à la hausse. (SC)

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