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Le Time Traveler testé par le CEO de Plopsaland © Plopsafans

Un expert sur la future montagne russe de Plopsa: “Un défi pour la rendre sûre”

Plopsaland La Panne décidera sous peu de sa prochaine attraction afin de ravir, enfin, les amateurs de sensations fortes. Le parc d’attractions ne dispose en effet pas encore de spinning coaster, ces montagnes russes dont les wagonnets tournent à 360 degrés sur eux-mêmes. Le choix du parc se porte sur un X-treme Spinning Coaster dont les voies se retournent également. Il n’existe pour l’heure qu’un seul manège de ce type dans le monde car le concevoir revient à défier les lois de la physique: “Un vrai challenge d’en faire une attraction sûre pour le public”, analyse un expert.

Le CEO de Plopsa, Steven Van den Kerkhof, fait son shopping en connaissance de cause. En vue d'un investissement colossal pour son parc de la côte belge, il est allé tester en personne l’attraction qui attire toutes les convoitises dans le secteur: le Time Traveler du parc à thème Silver Dollar City dans le Missouri, aux États-Unis. Cette attraction signée par le constructeur allemand spécialisé Mack Rides comporte successivement une chute verticale, un looping, deux propulsions des wagons accélérées par un système d’aimants, un looping au cours duquel les voies tournent sur un axe. Les wagons tournent également sur eux-mêmes. Le tout à une allure maximale de 81 km/h. “Si Plopsa est suffisamment rapide, il pourrait devenir le premier parc d’Europe à proposer ce type de montagnes russes”, concède l’expert Jurnan Schilder. “Une bonne stratégie car cela motiverait les adolescents forcés de suivre leurs parents pour faire plaisir aux cadets de la fratrie à Plopsa”. 

Revoir ses classiques de physique

Jurnan Schilder n’est pas un novice dans le domaine: il est professeur en dynamique à l’université de Twente et s’est spécialisé dans les montagnes russes. À cette fin, il élabore des logiciels de simulation qui calculent la gravité sur les passagers d’un grand huit et a suivi de près la construction du Time Traveler. “Assurer la sécurité d’une telle attraction est un défi. Ce n’est pas que vous risquez d’être éjecté de votre wagonnette. Vous êtes sanglés. Mais si la force gravitationnelle devient trop forte, le corps peine à pomper le sang vers le cerveau. Vous pouvez vous sentir nauséeux ou vous évanouir. Et à l’inverse, un afflux sanguin trop brutal vers le cerveau est également dangereux. Il y a des normes gravitationnelles internationales à respecter. Dans un grand huit normal, vous connaissez d’office la position du passager par rapport aux voies. Mais dans le cas des wagons qui effectuent des rotations, vous devez calculer la position la plus défavorable du passager à chaque point de sa trajectoire. C’est tout l’art du métier: trouver pour chaque virage ou descente la frontière entre le plus gros pic de sensations mais sans que l’expérience ne devienne désagréable. C’est pour cela qu’il y a des simulations sur ordinateur. Mais il est très important que votre logiciel soit parfaitement exact”. 

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Rollercoaster © RV

Malheureusement, les risques existent. En juin dernier, un enfant de 12 ans est décédé suite à son expérience à bord de l’attraction Hoosier Hurricane au parc Indiana Beach. Brayden Cooper-Douglas, la victime, a perdu connaissance dans le grand huit et n’a pas pu être réanimé. Cette attraction ne comportait même pas de sièges pivotants à 360 degrés. Si le lien est instinctivement établi entre son malaise mortel et l’attraction, il n’a pas pu être prouvé. 

Jurnan Schilder se veut malgré tout rassurant: Mack Rides, le fabricant du Time Traveler, jouit d’une très bonne réputation: “Ce n’est d’ailleurs pas la montagne russe la plus extrême: Walibi promet de présenter en 2021 un ‘Megacoaster’ de 50 mètres de haut effectuant une descente à 80 degrés à la verticale et un virage à 80 degrés à une vitesse de pointe vertigineuse de 113 km/h. Le grand huit le plus rapide se situe lui au Ferrari World d’Abou Dabi aux Émirats arabes unis. Vous y recevez même des lunettes de protection avant d’embarquer car à 240 km/h sur 2070 mètres de trajectoire, mieux vaut ne rien attraper dans l’oeil”. Plopsa restera donc, toutes proportions gardées, un jeu d’enfants. 

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Ferrari driver Fernando Alonso of Spain, right, and his teammate Ferrari driver Felipe Massa of Brazil wave as they run on a rollercoaster car modelled on the Ferrari Formula One, at the Ferrari Park entertainment, in Abu Dhabi, United Arab Emirates, Thursday, Nov.11, 2010. The Emirates Formula One Grand Prix will take place on Sunday. (AP Photo/Luca Bruno) © AP