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Photo d'illustration. © thinkstock

Une infirmière se fait refuser sa naturalisation française car elle travaille trop

Une femme s’est fait refuser sa demande de naturalisation par la préfecture du Val-de-Marne en France. La raison? Elle effectue un trop grand nombre d’heures de travail par mois. L’information, publiée sur Twitter et rapportée par 20 Minutes, a choqué les internautes. 

C’est un tweet d’un internaute qui a fait réagir la toile. Frédéric Buono a publié un courrier de la préfecture du Val-de-Marne ajournant de deux ans la demande de naturalisation d’une infirmière dont le pays d’origine n’est pas connue, son anonymat étant préservé. Mais c’est la justification qui a provoqué des réactions.

La lettre dit que la demandeuse cumule “trois emplois pour une durée mensuelle de 271 heures de travail.” En effet, la femme travaillait dans clinique de l’Orangerie depuis 2011, mais également dans le Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil et à la Fondation A. de Rothschild.

48h hebdomadaires autorisées

“Vous êtes ainsi en infraction au regard de la réglementation sur le temps de travail en France”, est-il expliqué. La préfecture du Val-de-Marne a confirmé l’authenticité du document, selon 20 Minutes.

L’internaute à l’origine du tollé a confirmé que l’infirmière a décidé de faire appel de la décision. Comme le rappelle le Parisien, en France, le temps de travail est limité à 48 heures hebdomadaires. La femme qui demande sa naturalisation travaillerait, elle, une soixantaine d’heures par semaine et malgré elle, a cumulé “119 heures de vacations en moyenne par mois”.

Le secteur hospitalier en crise

Il faut rappeler que depuis des mois, de nombreux hôpitaux en France grognent contre les conditions de travail du personnel. Ils demandent plus de moyens qui se traduisent par des augmentations de salaire, une hausse des effectifs mais également par un arrêt des fermetures de lits. Entamée mi-mars dans un hôpital parisien, la grève des services d’urgence a gagné du terrain. Le personnel de dizaines d’établissements partout en France ont suivi le mouvement.

Les services d’urgences hospitalières ont enregistré un nouveau record de fréquentation en 2017, avec 21,4 millions de passages. En 1996, le nombre était de 10 millions. Pendant ce temps, le nombre de lits d’hospitalisation a franchi pour la première fois à la baisse le seuil des 400.000, selon un rapport publié ce mercredi 3 juillet par la Drees.

Des dizaines d’heures supplémentaires

À cause du manque de lits, de personnels et de moyens, les soignants en viennent à faire énormément d’heures supplémentaires. Dans un communiqué publié en juin dernier, les syndicats mettaient en avant “la pénibilité [des] métiers”. “Nous sommes tous à bout, physiquement et psychologiquement. Nous sommes confrontés à des pathologies différentes. Des problèmes de sommeil, de stress, des maux de dos”, précisait un infirmier de nuit dans les colonnes du Parisien.

À bout, le personnel soignant dit stop comme en atteste le document ci-dessous qui explique le nombre d’heures supplémentaires effectuées dans l’hôpital parisien Saint-Antoine. “La direction dit avoir le droit d’obliger le personnel à travailler 18 heures durant avant d’attendre la relève de l’équipe du lendemain. Cela sans se soucier de la fatigue et de l’épuisement des agents, qui, après plus de 12 heures de travail, ne seront pas en capacité d’effectuer leur travail avec le degré qu’exige la prise en charge d’êtres humains.”