Colruyt limite les bons de réduction: “7.000 coupons à la caisse, ça n’est plus possible”

Un caddie rempli de sodas pour quelques euros? Le stock annuel de produits d’entretien en échange de quelques pièces? Colruyt est la première chaîne de grands magasins à mettre un terme à l’extreme couponing, un phénomène qui consiste à accumuler des promotions grâce à une pile de bons de réduction. Des règles plus strictes seront appliquées dans tous les magasins du groupe Colruyt à partir du 2 mars. “Il ne sera plus possible de faire passer 7.000 coupons à la caisse.”

Sur les réseaux sociaux, dans les magazines, dans les journaux... Les coupons de réduction se trouvent un peu partout, permettant aux collectionneurs de profiter de promotions intéressantes en les cumulant. Mais les choses se mettent à changer. Dès le 2 mars prochain, il ne sera plus possible de tous les échanger dans les magasins du groupe Colruyt. La limite sera de 5 bons pour un même produit. Concrètement, vous ne pourrez plus acheter 6 paquets de farine avec 6 bons. Vous pourrez toutefois présenter 6 bons pour 6 produits différents.

Ces coupons en question sont principalement émis par les fournisseurs. “Mais cela prend parfois des formes vraiment extrêmes”, explique Geert Elen, responsable marketing chez Colruyt. Le “champion absolu des bons d’achat” de l’année dernière en a cumulé pas moins de 7.132 en une fois. Il n’a pas pris un chariot, mais des palettes de produits de vaisselle et d’entretien”. Résultat: le stock de ces produits en promotion était à zéro, et un employé à la caisse a pris au moins trois heures pour scanner ces milliers de coupons.

Colruyt est la première chaîne de grands magasins à mettre un terme à l’utilisation extrême de coupons de réduction à la caisse.
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Colruyt est la première chaîne de grands magasins à mettre un terme à l’utilisation extrême de coupons de réduction à la caisse. © Simon Mouton Photo News

Plus de clarté 

Colruyt veut se débarrasser de ce phénomène. À partir du 2 mars, un maximum de 5 bons de fournisseurs sera donc accepté par personne. En plus de Colruyt, cette règle s’appliquera également aux magasins Okay, Bio Planet, Collect&Go et Spar du groupe. “Nous apportons ainsi de la clarté, tant pour le client que pour nos employés. Jusqu’à présent, un magasin de Halle pouvait accepter 50 bons, tandis qu’un magasin de Louvain en acceptait 2". 

Selon Geert Ellen, seul un très petit groupe de clients s’adonne intensivement à l’utilisation extrême de coupons. “Les recherches montrent que 3,5 clients sur 100 utilisent ces bons de temps en temps. Cependant, la grande majorité d’entre eux - 98 % - apportent toujours moins de cinq bons”. Colruyt est donc d’avis que la grande majorité de ses clients ne subiront aucune conséquence de cette mesure. “Au contraire: une grande quantité d’articles promotionnels restera disponible pour tout le monde.” 

Mais qu’en est-il des collectionneurs de bons les plus extrêmes? Pour échanger leurs bons plans, ils se regroupent sur des pages Facebook: “Extreme Couponing” compte un peu moins de 25.000 membres, “Promojagers” plus de 180.000. Daphne Coppieters, 28 ans et originaire de Maldegem, est membre des deux organisations et sait que la nouvelle mesure ne sera pas bien accueillie. 

“Cinq bons, c’est vraiment trop peu. Pour sortir avec un chariot de 300 à 400 euros à moitié prix, il en faut généralement une vingtaine. Bien sûr, il y a d’autres grands magasins, mais Colruyt était souvent le plus intéressant. Vous bénéficiez de toute façon de la garantie de prix bas, et leur rabais Xtra s’applique également à certains produits sélectionnés. En tant que détenteur d’un bon de réduction, vous achetez des quantités plus importantes, ce qui peut entraîner une remise supplémentaire sur la quantité. Si vous pouvez ajouter 10 ou 20 autres bons de fournisseurs, vous obtenez souvent un très bon prix unitaire. Ainsi, j’ai réduit la facture d’un caddie contenant des produits d’entretien, des shampoings, du fromage et quelques bières de plus de 300 euros à 90 euros”.

Des présentoirs vides 

Mais même sans ces astuces, selon Gunther Devisch de la page “Promojagers”, les bonnes affaires seront toujours possibles, bien qu’en plus petites quantités. “Il faudra s’adapter”, réagit-il. Gunther dit qu'il se concentrera désormais encore plus sur les promotions et les bonnes affaires sans coupons. “La mesure n’est pas illogique en soi - tout le monde doit pouvoir profiter des rabais sans avoir à se tenir devant des étagères vides.”

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© Simon Mouton Photo News