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“Ghosting”: ces demandeurs d’emploi qui disparaissent sans prévenir les employeurs

D’abord liée aux relations amoureuses, la tendance du “ghosting” se propage à la vie professionnelle. Les demandeurs d’emploi qui disparaissent du jour au lendemain sans prévenir sont de plus en plus nombreux et ce, même en Belgique. 

Pratiquez-vous le “ghosting”? Cette tendance, qui prend de l’ampleur dans les rencontres amoureuses, consiste à rompre brusquement tout contact avec quelqu’un sans lui donner d’explication. Ce scénario, à l’origine limité à la sphère privée, s’immisce désormais dans les relations professionnelles. Et ce n’est pas toujours à l’initiative des entreprises. 

Les consultants de Robert Half, l’agence de recrutement spécialisée, constatent que de plus en plus de demandeurs d’emploi prennent pour habitude de ghoster les employeurs. Une augmentation de 20 % a été constatée sur le marché américain. 

Les fantômes professionnels sont également de plus en plus présents en Belgique. Si on les retrouvait historiquement davantage du côté des entreprises, cette habitude concerne essentiellement les personnes qui sont à la recherche d’un nouvel emploi.

Fuir la confrontation

Un changement de valeurs et de normes au sein de la société peut partiellement expliquer cette tendance. Les consultants de Robert Half expliquent que les demandeurs d’emploi ont parfois tendance à éviter la confrontation, veulent éviter de donner de mauvaises nouvelles voire de décevoir leur interlocuteur.

La “guerre des talents” qui fait rage sur le marché a aussi une grande part de responsabilité. Le choix est vaste pour les employés. Voyant la multiplication d’offres, les personnes qualifiées pour un poste ne prennent plus la peine de répondre aux employeurs afin de conserver des relations cordiales. 

Citation

“Avec plusieurs options en cours au même moment, les candidats que nous voyons accordent moins d’importance à leurs échanges avec les entrepri­ses

Joël Poilvache, Directeur chez Robert Half

Et d’ajouter: “Ils ont des priorités différentes. Par exemple, si un candidat constate que les valeurs de l’entreprise ne correspondent pas à ses préférences, il met simplement un terme à la communication et se concentre sur les autres options”,  explique Joël Poilvache, Directeur chez Robert Half.

Garder une réputation professionnelle est pourtant crucial

Robert Half rappelle toutefois qu’il est crucial de garder une bonne réputation professionnelle. “Communiquer de manière honnête et transparente reste un gage de bonne réputation. Le monde de l’entreprise, peu importe le secteur, est souvent un petit monde, et cela pourrait vous nuire à l’avenir. En tant que candidat, vous n’avez pas à craindre de refuser l’offre d’une entreprise. Les recruteurs sont habitués à gérer les réponses négatives”, conclut Joël Poilvache de Robert Half.