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La Une en question. © Instagram/Télérama

La Une de Télérama dénonce la grossophobie, Instagram et Facebook la censurent

“Pourquoi on rejette les gros?” Telle est la question posée par la Une du magazine Télérama, dévoilant le corps nu de l’activiste Leslie Butch dans le but de dénoncer “le fléau de la grossophobie”. Ironie du sort. Ce cliché, qui ne montre aucun organe génital ni même un téton, a été censuré par les réseaux sociaux Instagram et Facebook. 

Si le magazine a pu publier sans souci sa couverture, plusieurs internautes ont vu leurs comptes suspendus en raison d’atteintes aux règles concernant la nudité. En effet, après avoir tenté de partager le Une sur Facebook, un internaute a reçu une menace de censure et en a averti le magazine. 

“J’ai voulu hier la relayer sur Facebook pour lui rendre hommage, ainsi qu’à vous pour votre courage. Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir immédiatement une menace de censure. Je ne comprends pas, cette photo est magnifique et d’une pudeur extrême”, a écrit le lecteur. Mais, comme le dit un journaliste du magazine, les algorithmes de Facebook et Instagram “n’aiment pas la nudité, même quand elle n’a rien de pornographique”.

“Invisibilisée”

Alors qu’elle souhaitait partager la Une en story, Leslie Butch elle-même a été confronté à la censure. Son compte a brutalement été fermé avant d’être rétabli 24 heures plus tard, “uniquement parce qu’elle avait une connaissance chez Instagram France”, précise Télérama. 

“Je suis invisiblisée”, estime-t-elle. “Ce genre de censure, c’est grave, ça n’arrive que pour les gros”, a-t-elle déclaré au magazine. Sur Instagram, elle se dit “à deux doigts de tout envoyer balader, mais [veut] continuer à [se] battre pour celleux qui ne peuvent pas ou qui n’en ont pas/plus la force”.  Pour contrer la censure, elle invite dès lors les internautes à partager à leur tour la couverture, en accompagnant leur photo des hashtag: #BarbaraButchChallenge et #niquelagrossecensure.

Contacté par Le HuffPost, un porte-parole d’Instagram explique: “Nous souhaitons qu’Instagram soit un endroit inclusif où tout le monde se sente assez à l’aise pour être lui-même. Le contenu a été retiré par erreur et nous en sommes désolés. Il a depuis été rétabli”. “Ce qui n’empêche pas que d’autres internautes soient toujours empêchés de poster la photo de couverture”, précise alors Télérama...