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"Les Bruxelloises sont injuriées dans 95% des cas par des Maghrébins"

Une étudiante de dernière année à la Haute Ecole flamande Rits a étudié la question du sexisme en rue et de l'origine des sujets. Sur base de son documentaire "Femme de la rue", diffusé hier soir aux Galeries Cinéma et sur la chaîne néerlandophone Canvas, elle souligne que dans 95 % des cas, les personnes d'origine maghrébine maltraitent oralement les femmes en rue, annonce La Capitale.

"Je suis originaire de Louvain, mais je suis venue habiter à Bruxelles, dans le quartier Anneessens, il y a deux ans, pour mes études", précise Sofie Peeters, auteur du documentaire. "J'ai été surprise de voir que chaque fois que je sortais en rue, j'étais la cible des remarques des hommes."

Des remarques de tous les styles, du simple sifflet aux réflexions vulgaires comme "c'est combien?", ont rythmé le quotidien de la jeune femme. De là est partie sa réflexion pour réaliser son documentaire, travail de fin d'étude. 

Dans cette vidéo, elle montre une certaine réalité. Pour elle, l'idée est claire même si elle reste prudente dans ses propos: "Je ne le dis pas volontiers, mais il s'agit de personnes allochtones (NDLR: comprenez d'origine maghrébine) dans 95% des cas". Elle ajoute : "Non, personne ne m'a jamais taxé de racisme. Car mon constat porte plus sur la condition sociale des individus que sur leur origine ethnique: s'il y a une forte proportion d'étrangers parmi les garçons qui me font des remarques, c'est parce qu'il y a aussi une forte proportion d'étrangers parmi les populations fragilisées."

"Les jurons qu'ils nous envoient sont souvent la conséquence de l'ennui. Les jeunes lambinent dans les rues et ne savent pas quoi faire, les plus vieux s'assoient dans les salons de thé. Il y a une méconnaissance de nos cultures respectives. Les Musulmans ont un comportement assez insistant par rapport à la sexualité: porter une jupe pour une femme, c'est déjà risqué", explique-t-elle.

Elle va jusqu'à envisager d'améliorer la situation:"surtout avec les jeunes. Par exemple, j'ai discuté avec ceux de mon quartier et ai fait leur connaissance entre-temps, ils me respectent maintenant. Mais pour la vieille génération, c'est un travail quasiment impossible".

D'après Taoufik Amzile, responsable de l'ABPM, l'association belge des professionnels musulmans, "ce type de comportement dépend de beaucoup trop de facteurs que pour simplement le réduire à une question d'origine. Je ne pense pas qu'il existe de déterminisme à ce niveau-là".