Les chercheuses ne font pas que pleurer: la preuve

Pour réagir aux déclarations jugées sexistes du Britannique Timothy Hunt, prix Nobel de Médecine, nombre de femmes scientifiques et même quelques hommes ont choisi l'humour en postant sur les réseaux sociaux des photos dans des attitudes supposées sexy.

Timothy Hunt avait provoqué la consternation et l'indignation sur les réseaux sociaux et dans la communauté scientifique en déclarant mardi lors d'une conférence en Corée du Sud au sujet des femmes: "Trois choses se passent quand elles sont dans les labos: vous tombez amoureux d'elles, elles tombent amoureuses de vous, et quand vous les critiquez, elles pleurent."

En réponse, des chercheuses de la communauté scientifique ont publié sur Twitter des photos d'elles dans leur laboratoire, associées au mot-dièse #distractinglysexy (sexy au point d'être gênant, ndlr). On peut ainsi découvrir la photo d'une jeune scientifique, mains gantées, qui pose amoureusement la tête sur une centrifugeuse qu'elle utilise pour faire ses analyses, avec la mention: "Je suis tombée amoureuse de ma microcentrifugeuse... une femme typique dans un laboratoire".

Emily Remnant (@EmsyRemsy) a tweeté une photo d'elle en tenue de protection contre les abeilles avec une ruche à la main et la mention: "Heureusement, toutes les abeilles ouvrières sont des femelles, sinon..." Meg Massa (@MegMassa) a opté pour une pose lascive, en blouse blanche et lunettes de protection en tweetant: "Oh ne faites pas attention à moi, je me sers juste de ma pipette tout en étant #distractinglysexy".

Franziska Sattler (@ohyeahfranzi) est quant à elle photographiée tenant un crâne de dinosaure et s'apprêtant à l'embrasser langoureusement: "J'aimerais pouvoir me concentrer dans le laboratoire mais je suis tombée amoureuse d'un Europasaurus holgeri".

D'autres internautes ont choisi de diffuser des photos d'illustres chercheuses comme Marie Curie avec la mention: "Je suis vraiment contente que Marie Curie ait trouvé le temps d'arrêter de pleurer pour découvrir le radium et le polonium". Ces messages ont été retweetés plusieurs milliers de fois et ont conduit des membres masculins de la communauté scientifique à se prendre au jeu. Ronan Cullen et Joseph Roche, photographiés dos à dos, ont joué aux James Bond de laboratoire en s'interrogeant: "La vraie question est de savoir si Tim Hunt pourrait tomber amoureux de @rojocullen et moi si nous travaillions dans son laboratoire".