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Les paresseux, ça n'existe pas

C'est du moins la conviction d'un psychologue partagée, arguments à l'appui, sur la plateforme Medium.

Devon Price est professeur en psychologie sociale depuis six ans. Des présumés "paresseux", il en a vu passer. À tous les niveaux. De l'élève procrastinateur qui remet sans cesse ses dissertations au lendemain, qui s'arrange pour "brosser" les cours les jours de présentation orale ou qui oublie ses devoirs, à l'étudiant universitaire qui tarde à remplir les formulaires d'inscription à temps, en passant par le doctorant qui n'avance pas dans ses recherches. 

Jugement paresseux
Malgré tout, associer ce comportement à de la paresse serait le fruit d'une réflexion pour le moins... paresseuse. Devon Price préfère tenter de déverrouiller les "barrières invisibles" sous-jacentes. Pour reconsidérer cette interprétation négative, il convient en effet pour un professeur d'identifier les obstacles inhérents à la vie de ces "paresseux" pour mieux les comprendre. Devon Price appelle à réagir à ce constat par la curiosité plutôt que le jugement. Car si le comportement de quelqu'un échappe à son observateur, c'est que ce dernier ne possède pas tous les éléments contextuels. 

Procrastination
Le phénomène de la procrastination en est un bon exemple. Cette fâcheuse tendance est en réalité la conséquence d'une volonté de bien faire: l'angoisse de n'être pas à la hauteur de la tâche ou l'incertitude quant à la méthode à appliquer. La procrastination émerge donc quand le sujet se voit confronté à une mission importante et qu'il tient à lui apporter tout le sérieux qu'elle mérite. La peur de l'échec paralyse cette entreprise. Or, cette réaction ne reflète en rien le manque de motivation ou l'absence d'ambition, au contraire.

Torture mentale
Un procrastinateur peut en effet s'asseoir devant une feuille blanche et culpabiliser pendant des heures, à ne rien faire, se torturer l'esprit pour atteindre l'objectif exigé. Ce qui rend l'accomplissement de cette tâche bien plus difficile encore. Cette anxiété face au travail l'encourage dès lors à évacuer la pression par des activités sans lien direct avec le projet. 

Un étudiant = un cas particulier
Devon Prince rappelle que chaque élève, étudiant ou universitaire est un cas particulier: un individu avec ses contraintes propres, une vie privée et des difficultés souvent "invisibles" aux yeux du corps enseignant. Si un élève peine à adopter un rendement aussi efficace que ses camarades, peut-être n'y est-il pour rien, précise le professeur qui invite ses confrères à une approche plus empathique de leur fonction et à privilégier la curiosité à l'égard des jeunes dans leur mission de formation. 

"Personne ne cherche à échouer ou à décevoir. Personne n'a envie de se sentir incompétent, amorphe ou incapable. Si vous ne voyez que de la paresse chez quelqu'un, dans son attitude ou son inaction, vous ne savez peut-être pas tout. Il y a toujours une explication", conclut-il. 

L'article complet à découvrir sur Medium (anglais).