Plein écran
Le kit Me Too. © Twitter/@boinboing

Pourquoi le kit Me Too de prélèvement après un viol est vivement critiqué aux États-Unis

Pensés pour être accessibles aux victimes d’agression sexuelle, les kits de viol #MeToo ne sont pas encore disponibles mais déjà très critiqués aux États-Unis.  

Imaginé par la militante américaine de 23 ans, Madison Campbell, le kit Me Too permet aux victimes d’agressions sexuelles de collecter leurs propres données médico-légales et de les conserver dans des sachets. L’idée est de leur donner le moyen de collecter des preuves à l’encontre de leur agresseur. Le concept débarquera sur le marché qu’au printemps 2020. Si l’initiative est saluée par certains, elle est fortement décriée par d’autres. 

Inutilisable par les tribunaux

“Cette start-up essaie sans vergogne de tirer un avantage financier du mouvement #MeToo en incitant les victimes à penser qu’un kit post-agression sexuelle à faire soi-même à la maison sera utilisé devant les tribunaux”, estime dans un communiqué la procureure générale du Michigan, Dana Nessel. “Il existe une façon très rigoureuse de protéger la preuve. Au moment où elle parvient au tribunal, elle a toujours été conservée et est restée entre de bonnes mains sans jamais avoir été alternée de quelque façon que ce soit.”

Pas uniquement une simple collecte d’ADN

De plus, les examens effectués dans le cas d’une agression ne se limitent pas à un “simple” processus de “collecte d’ADN” comme le rappellent des professionnels de la santé à CNN. “Si certaines victimes pensent pouvoir collecter des preuves seules à la maison, non seulement elles recueillent des preuves qui ne sont pas admissibles ni utiles, mais elles ne bénéficieront pas non plus des soins de santé ou de l’aide nécessaire à leur défense”, déclare notamment l’infirmière légiste Julie Valentine. 

Cible de nombreuses menaces, Madison Campbell persiste tout de même, mais se dit prête à changer le nom de son kit  face aux nombreuses critiques qui la taxent de réappropriation commerciale du mouvement #MeToo.