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Pourquoi mangeons-nous plus quand il fait froid

Les températures baissent et les jours raccourcissent de plus en plus. Plats en sauce, purée, chocolat chaud... Nous sommes nombreux à chercher du réconfort dans des aliments riches en calories. À croire que notre appétit augmente durant l’hiver. Mais est-ce bien vrai? 

“Par temps froid, nous avons en effet tendance à manger davantage”, explique Margriet Westerterp, professeure spécialisée dans la régulation de la consommation alimentaire chez l’homme, reprise par nos confrères de Het Laatste Nieuws. Selon Westerterp, c’est en partie parce que notre corps utilise plus d’énergie en hiver pour maintenir notre température.

Lorsque la température d’une pièce baisse, celle de notre corps baisse également. “Le froid nous met mal à l’aise”, assure Westerterp, qui est affiliée à l’Université de Maastricht. “Si nous mangeons plus, plus de chaleur est libérée, ce qui compense une baisse de notre température.”

Une sensation désagréable

Westerterp fait référence à une étude qu’elle a réalisée en 2002. Dans une chambre, que le professeur décrit comme une chambre d’hôtel, la consommation d’énergie des sujets testés a été mesurée en continu pendant une période de deux jours, à 16 et 22 degrés. Les participants portaient les mêmes vêtements aux deux moments. Pour savoir combien d’énergie ils utilisaient, on a mesuré la production d’oxygène et de dioxyde de carbone consommés. Les sujets devaient également indiquer régulièrement dans quelle mesure ils se sentaient à l’aise dans l’espace et leur température corporelle était mesurée.

Les participants se sentaient beaucoup moins à l’aise à 16 degrés qu’à 22 degrés. Ce sentiment s’est avéré lié à la baisse de leur température. À une température corporelle plus basse, nous nous sentons moins à l’aise. Ce n’est pas surprenant en soi, mais à cause de cet inconfort, les participants ont commencé à manger beaucoup plus à 16 degrés que ce qui était nécessaire pour leur consommation d’énergie. Bien qu’ils consomment 10 % d’énergie en plus pour rester au chaud, ils mangent en moyenne de 30 à 40 % de plus.

D’autres chercheurs ont vu un résultat similaire lors d’une expédition en Antarctique. Les participants ont gagné pas mal de kilos au cours de leur voyage sur le continent froid, parce qu’ils ont mangé beaucoup plus que ce dont ils avaient besoin pour leur consommation énergétique.

La raison pour laquelle vous mangez plus pendant les mois froids est en partie due à ce qu’on appelle la température corporelle. Celle-ci est normalement d’environ 37 degrés. Si votre température augmente, c’est-à-dire lorsque vous avez de la fièvre, vous vous sentez mal à l’aise. Mais si ça devient trop bas, ça ne vous fait pas du bien non plus. Pour éviter que la température corporelle ne devienne trop basse, nous commençons presque automatiquement à manger plus que ce dont notre corps a réellement besoin.

Les repas de fin d’année

Les vacances jouent également un rôle. À Noël, l’accent est mis sur les dîners, les boissons, les fêtes et autres moments de convivialité. Toutefois, nous n’avons pas à nous soucier d’un ou deux copieux repas de Noël, selon Liesbeth van Rossum, professeur en endocrinologie à Erasmus MC.

Le problème, c’est que pendant des semaines, les supermarchés sont remplis de collations trop riches. Selon Van Rossum, nous sommes constamment tentés jusqu’à la fin de l’année. “Il faut être exceptionnellement fort mentalement pour ne pas céder à ça.”

“Certaines personnes sont beaucoup plus actives que d’autres ou elles sont moins enclines à surconsommer”, ajoute Margriet Westerterp. La capacité de régulation de la température joue également un rôle. “Par exemple, les femmes sont généralement plus froides que les hommes”, dit-elle. “Et certains sont plus tentés que d’autres par l’excès de nourriture. Cela joue aussi un rôle.”

En moyenne, c’est un demi-kilo de plus, dit Van Rossum. Ce n’est pas grand-chose, mais il y a aussi un danger: “Tout le monde ne perd pas les kilos pris durant l’été”, prévient-elle.