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© Getty Images/iStockphoto

Signaler les agressions homophobes, un enjeu pour la santé mentale des personnes LGBTQI+

Isolement social, dépression, décrochage professionnel, tentatives de suicide... Établir l’ampleur de la discrimination liée au genre et à l’orientation sexuelle consiste en un enjeu pour la santé mentale des personnes LGBTQI+.

Leur agression d'une extrême violence a fait la une de la presse britannique. Dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 mai, Melania et sa petite amie Chris ont été passées à tabac par un groupe de jeunes hommes dans un bus de Londres après avoir refusé de s’embrasser devant eux. 

Malgré les nombreux faits exposés dans les médias, ces derniers sont loin de relater le véritable nombre d’agressions homophobes qui ont lieu partout en Europe et dans le monde. 

“Selon l’Institut de l’égalité des femmes et des hommes, 50 à 70% des personnes homosexuelles ont déjà vécu une agression verbale et un quart des personnes transgenres en Belgique ont déjà été victimes de violences physiques”, nous explique Melissa Boukhelf Dujardin, psychologue, psychothérapeute et sexologue clinicienne. 

Un décalage entre les différents chiffres

Le tissu associatif de Bruxelles constate lui aussi une augmentation des témoignages de victimes de LGBTQI+phobie. “Il existe d’ailleurs un grand décalage entre le nombre de faits recueillis par la police et le nombre de faits enregistrés par les associations de la capitale. En effet, quelle que soit le type d’agression, il est rare que la victime aille la signaler à la police”, précise Melissa. 

C’est pourquoi sont créés des lieux spécifiques pour rapporter ce type d’agressions. Au sein de la Maison Arc-En-Ciel de Bruxelles, depuis le 1er mars 2019, est tenue une collecte de données sur les violences LGBTQI+phobes. L’OBPS (Bruxelles Prévention et Sécurité) et Equal.brussels (Service public régional de Bruxelles) ont développé une fiche de signalement, pour que les victimes puissent signaler anonymement une agression.

“L’objectif de cette collecte est d’établir l’ampleur du phénomène afin de pouvoir sensibiliser les autorités compétentes. En parallèle avec le recueil des données quantitatives, les victimes sont accompagnées par les professionnels de la RainbowHouse et redirigées, si elles le souhaitent, vers la police ainsi que vers les services d’assistance aux victimes", informe notre interlocutrice. 

Risque suicidaire jusqu’à 7 fois plus élevé

Prendre conscience de l’ampleur de la discrimination liée au genre et à l’orientation sexuelle consiste en un enjeu pour la santé mentale des personnes LGBTQI+. “Il existe un risque suicidaire 2 à 7 fois plus élevé chez une personne homosexuelle que chez une personne hétérosexuelle. En effet, l’homophobie est source d’isolement social, de dépression, de décrochage scolaire et professionnel, mais aussi de tentatives de suicide. Mettre à jour l’ampleur des actes LGBTQI+phobes permettrait de mettre en place de meilleurs dispositifs de prévention, d’accompagnement pour les victimes, mais aussi pour les auteurs de ces agressions.

RainbowHouse Brussels 42, rue du marché au charbon – 1000 Bruxelles 

Victime ou témoin d’une agression? http://signalelaviolence.brussels

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