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Gymnastique à l'école européenne, dans les années '70 © photo_news

Vos grands-pères couraient plus vite que vous, bande de nazes

VideoDes chercheurs ayant comparé les aptitudes sportives de différentes générations ont constaté un net déclin: l'enfant moyen d'aujourd'hui a besoin de 4 minutes pour courir 800 mètres, alors qu'en 1970, ses grand-père et grand-mère ne mettaient que 3 minutes pour boucler la même distance, ont rapporté cette semaine différents médias.

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"La 'génération banquette arrière' est conduite partout en voiture. D'un point de vue général, nous bougeons toujours moins."

Jan Seghers, KU Leuven
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"Nous avons remarqué le plus grand changement à partir de 2000 (...) Neuf ans plus tard, les filles sautaient environ 8 cen­timètres moins loin, les garçons même 10 cen­timètres moins loin."

Jan Seghers, KU Leuven
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"Avant, on pouvait faire courir deux tours de piste d'athlétis­me à tout le monde. Maintenant, seuls les élèves qui sont dans un club de sport sont vraiment prêts pour une telle épreuve d'enduran­ce."

Jan Smeets, professeur d'éducation physique
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"Je donne cours en 5e secondaire, mais pour le volley, on doit mettre le filet aussi bas qu'au tennis. Et je dois encore autoriser un rebond du ballon."

Jan Smeets, professeur d'éducation physique

"C'est la conséquence de notre nouveau mode de vie", a commenté jeudi Jan Seghers, de la section des Sciences du Mouvement de la KU Leuven, dans le quotidien flamand Het Laatste Nieuws. "La 'génération banquette arrière' (sic) est conduite partout en voiture. D'un point de vue général, nous bougeons toujours moins", a-t-il résumé.

Écrans et malbouffe
"Quand un enfant reste devant un écran plusieurs heures durant et cela en dehors de l'école, il est normal que sa condition physique soit moins bonne", a jugé mercredi Philippe Halleux, président de la Fédération d'éducation physique, dans le journal Le Soir. "A cela, il faut ajouter l'impact de la malbouffe sur le poids", a-t-il complété.

Nos têtes blondes ne savent plus sauter
"Nous avons remarqué le plus grand changement à partir de 2000", a pointé Jan Seghers, de la KU Leuven. "Neuf ans plus tard, les filles sautaient environ 8 centimètres moins loin, les garçons même 10 centimètres moins loin", a-t-il développé. "Nous avons toujours plus de jeunes qui souffrent de mal de dos à un âge précoce. C'est dû entre autres à un manque de force musculaire. Leur corps n'est plus mis à l'épreuve", a continué le spécialiste.

"Même un match de foot, c'est trop demander"
"Avant, on pouvait faire courir deux tours de piste d'athlétisme à tout le monde. Maintenant, seuls les élèves qui sont dans un club de sport sont vraiment prêts pour une telle épreuve d'endurance", a témoigné Jan Smeets, professeur d'éducation physique à Hasselt, cité dans Het Laatste Nieuws. "Ce groupe de sportifs est toujours plus restreint, et le fossé entre leurs prestations et celles de l'élève moyen grandit. Tandis que les clubs mettent la barre toujours plus haut, le niveau général baisse sur tous les plans", constate-t-il. "Même un match de foot, c'est trop demander. Avant, ils choisissaient ça pour le dernier cours du trimestre, mais maintenant, les élèves proposent des petits jeux. Ils n'ont pas l'endurance pour courir deux fois 45 minutes et ils n'ont pas la technique pour faire une passe", affirme l'enseignant. "Je donne cours en 5e secondaire, mais pour le volley, on doit mettre le filet aussi bas qu'au tennis. Et je dois encore autoriser un rebond du ballon", va-t-il jusqu'à regretter.

Une heure par jour
"Idéalement, un jeune âgé de 6 à 17 ans doit pratiquer au moins une heure d'activité physique -qu'elle soit intense ou modérée- par jour", rappelle Marc Cloes, professeur en pédagogie des activités physiques et sportives à l'ULg, dans Le Soir. "Pour un enfant de 0 à 6 ans, la norme est plus élevée: 3 heures par jour d'activité physique de base", précise-t-il.