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Karine Tuil © AFP

Le Goncourt des Lycéens attribué à Karine Tuil pour "Les choses humaines”

La romancière Karine Tuil a remporté jeudi le prix Goncourt des Lycéens pour "Les choses humaines" (Gallimard), après avoir déjà été récompensée la veille par le prix Interallié.

Le roman, le 11e de l’écrivaine, qui a figuré dans les sélections du Goncourt et du Femina, raconte une affaire de viol qui parle aussi de domination, des faux-semblants et du culte de la performance. “Je suis extrêmement émue car j’ai plusieurs fois participé au Goncourt des lycéens (...) C’est une très grande joie de participer à ces échanges avec les lycéens. D’autant que cette édition était particulièrement riche”, a réagi la romancière par téléphone.

Karine Tuil l’a emporté au premier tour avec 7 voix, contre 5 à Louis-Philippe Dalembert pour “Mur Méditerranée” (Sabine Wespieser). Elle succède à David Diop, récompensé en 2018 pour son roman “Frère d’âme”.

Sorti en août le dernier roman de Karine Tuil s’est déjà écoulé à 34.000 exemplaires, selon des données de GfK citées par le magazine professionnel Livres Hebdo.

“Le sexe et la tentation de saccage, le sexe et son impulsion sauvage, tyrannique, incoercible, Claire y avait cédé comme les autres”. Le roman dérange et questionne les relations entre les classes sociales, mais aussi entre les hommes et les femmes, à l’époque de l’affaire #MeToo.

2.000 lycéens

Alexandre, le fils brillant d’une famille en vue (Jean, le père, est un journaliste vedette de la télé, sa mère Claire est une essayiste féministe reconnue) est accusé de viol. Karine Tuil présente les faits sans fioritures et nous fait suivre de bout en bout le procès d’Alexandre.

Le lecteur se retrouve dans la peau d’un juré de cour d’assises. L’écrivaine laisse chacun de ses lecteurs se positionner en son âme et conscience et prendre le temps de la réflexion. La remise du Prix aura lieu à 18h00 aux éditions Gallimard, à Paris.

Environ 2.000 lycéens, appartenant à une cinquantaine d’établissements scolaires dans tout le pays, dont un lycée de Fort-de-France (Martinique), ont été embarqués dès la rentrée de septembre dans l’aventure par leurs professeurs, sous la houlette du ministère de l’Éducation nationale et de la Fnac. Des jeunes issus d’horizons très divers: du lycée agricole de Rodilhan (Gard) à de prestigieux lycées parisiens, de filières générales comme professionnelles, de classes de seconde à des BTS, de l’enseignement public comme privé.

Tous ont planché pendant deux mois sur la première sélection de l’Académie Goncourt, rendue publique début septembre. Soit quatorze romans, dont certains ont déjà été récompensés ces dernières semaines par d’autres prix. 

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