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Un mystérieux message découvert dans les affaires de son père décédé va bouleverser sa vie

La vie reprend doucement et ce n’est pas pour déplaire à Julien Sandrel, romancier, qui a sorti son nouveau livre, “Les étincelles”, quinze jours avant le début du confinement et la fermeture des librairies. S’il s’estime chanceux d’avoir pu vivre la période “dans de bonnes conditions matérielles”, il peut enfin défendre son histoire, qui trouve un écho surprenant dans la situation actuelle. 

Phoenix, 23 ans, trouve un étrange message dans les affaires de son père tragiquement décédé. Avec l’aide de son frère, elle décide d’élucider le mystère. Très vite, elle va se rendre compte qu’il dépasse sa sphère familiale et qu’elle a mis le pied dans un problème bien plus grand qu’elle. Phoenix a le pouvoir de changer la société en profondeur. En cherchant la vérité sur la mort de son père, elle va œuvrer pour le bien de tous. Dans cette histoire au socle universel puisque familial, Julien Sandrel, à qui l’on doit “La chambre des merveilles” et “La vie qui m’attendait”, s’intéresse à l’étrange destin des lanceurs d’alerte.

C’est un roman plus engagé que les précédents. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette histoire?

Le point de départ de l’histoire, c’était un fait divers d’il y a quelques années: des clientes anglaises d’un magasin de vêtements avaient trouvé des messages sur les étiquettes. Il s’agissait d’appels à l’aide, probablement rédigés par des gens à l’autre bout de la planète, qui voulaient alerter sur leurs conditions de travail. La graine était semée. J’aimais l’idée que ça soit des personnes ordinaires, des clients de magasins ici, qui se retrouvent dans une situation extraordinaire. Ça pose les questions de notre courage et de notre lâcheté ordinaire. C’était mon point de départ. Phoenix, dès le début de l’histoire, découvre quelque chose d’intrigant et d’extraordinaire et elle a un choix à faire: j’agis ou pas. Évidemment, je force un peu le choix puisqu’elle trouve ce message dans les affaires de son père décédé. C’est une histoire de résilience. Phoenix a mis sa vie entre parenthèses depuis la mort de son père. En partant dans cette quête de vérité, elle va se révéler et découvrir la jeune femme forte et battante qu’elle est devenue.

Julien Sandrel
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Julien Sandrel © P. Lourmand

Écrire, ça sert aussi à coucher sa colère sur papier. Ce que vous dénoncez dans votre livre, ça vous révolte?

Oui mais plus que de la colère, je veux voir le côté positif des choses. Même si je pars toujours de points de départ assez dramatiques dans mes livres, j’essaie que le cheminement soit positif et lumineux, qu’il y ait de l’espoir. Je veux mettre en lumière des personnes qui se battent pour remettre l’humain au centre des préoccupations plutôt que l’économie. Avec la crise qu’on traverse, ça trouve une résonance particulière.

En effet... En Belgique, lors du déconfinement, l’ouverture des magasins a été annoncée avant la reprise des liens sociaux. Ça a fait beaucoup parler... Au vu des récents événements dans le monde, on pourrait se dire que vous êtes un peu utopiste, non?

Je persiste à penser que ce n’est pas une utopie, mais que c est possible. Dans les siècles précédents, il y a des choses qui ont été acquises. Le principe de précaution, même s’il n’est pas toujours appliqué, des gens se sont battus pour ça. Il ne faut pas relâcher notre vigilance en tant que citoyens. C’est de ça que je parle dans ce livre: de gens qui sont prêts à mettre en péril une partie de leur vie pour le bien commun.

Julien Sandrel a sorti son nouveau roman "Les étincelles".
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Julien Sandrel a sorti son nouveau roman "Les étincelles". © Calmann Levy

Y a-t-il un lanceur d’alerte qui vous interpelle plus qu’un autre?

Je cite Edward Snowden dans le livre mais il y a énormément de gens qui se battent pour la préservation des libertés individuelles. Les mécanismes sont toujours les mêmes. Ce sont des gens qui ont des éléments extraordinaires dans les mains et qui ont décidé d’agir. Dans tous les cas, il y a des vents contraires qui veulent les empêcher d’agir. Je trouve qu’on ne les protège pas suffisamment. Ces personnes prennent des risques et on n’accueille pas positivement leur parole. Ils sont généralement soutenus par l’opinion publique mais ils sont soumis au bon vouloir des gouvernements pour leur protection. Il faut un cadre légal pour permettre une parole apaisée.

C’est un roman qui parle, comme souvent chez vous, de la quête de ses origines: il faut comprendre sa famille, comprendre d’où l’on vient pour avancer, se révéler...

Je suis obsédé par la famille, c’est une source inépuisable d’inspiration. On a tous une famille... Qu’on la subisse, qu’on l’aime, qu’on la déteste, on vit avec. Cette famille nous permet d’avancer, nous galvanise ou nous étouffe. Les relations familiales sont au cœur de ce que j’écris. J’aime les histoires où il y a des secrets de famille à percer, des choses à découvrir. Chacun de nous a une part d’ombre et on ne sait pas tout, parfois, sur les personnes qui nous sont les plus proches. C’est passionnant. Ce n’est pas tant une quête des origines qu’une quête de vérité des gens qui nous sont proches. 

L’adaptation des “La Chambre des merveilles” est en cours. On a parlé d’Alexandra Lamy dans le rôle principal... Comment ça se passe?

Je peux rien en dire officiellement. Le projet avance. C’était dans les tuyaux, ça l’est toujours mais les dates de tournage sont remises en question au vu de la situation actuelle. Je suis peu impliqué dans le projet. J'ai laissé les clés aux producteurs, que j’ai choisis avec ma maison d’édition. “La vie qui m’attendait”, par contre, est en cours d’adaptation pour la télé. J’ai écrit le scénario. C’est un nouvel élan d'écriture dont j’ai envie de m’emparer. Je trouve que “Les étincelles” a un potentiel d'adaptation assez intéressant. Ce n’est pas un thriller mais la mécanique de l’intrigue tend vers le thriller, même si le livre parle de la famille et qu’il y a de l’espoir. J’aimerais que ce message de remettre l’humain au centre des préoccupations atteigne le plus grand nombre. Mais il n’y a pas encore de projet.

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