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Boire "dix verres par semaine" reste "acceptable"

Ne pas consommer "plus de dix verres par semaine", avec "deux jours d'abstinence", représente "un risque dit acceptable", estime l'épidémiologiste Catherine Hill.

Catherine Hill est épidémiologiste et statisticienne à l'institut Gustave Roussy. Depuis 1980, elle travaille dans deux domaines: la recherche clinique et l'épidémiologie des cancers.

Alcool: 41.000 morts en France
Selon l'une de ses études, co-dirigée avec Christophe Bonaldi, 41.000 décès peuvent être attribués à la consommation d'alcool en France en 2015 (derniers chiffres connus). Soit 7% du total des décès enregistrés cette année-là, pour une proportion de 30.000 hommes et 11.000 femmes.

"Parmi ces victimes, 16.000 auraient succombé à des cancers (cavité buccale, pharynx, oesophage, colon, larynx, foie et sein) et 9.900 à des pathologies cardio-vasculaires", relate L'Express

Le vin EST un alcool comme les autres
Interrogée par Le Parisien
, la chercheuse insiste sur l'aspect totalement non bénéfique de l'alcool et déconstruit le mythe de cet "effet protecteur" du "bon verre de vin", une boisson aux dangers étrangement sous-estimés. Un privilège essentiellement dû à son prestige et son raffinement culturel.

Le vin n'en demeure pas moins un alcool et contient à ce titre de l'éthanol. Dire qu'il n'est "pas un alcool comme les autres", comme l'avait affirmé le ministre français de l'Agriculture Didier Guillaume, "est faux et dangereux", dénonce Catherine Hill. 

"Dix verres par semaine"
Elle rappelle que la consommation quotidienne de vin à table, même avec modération, est nocive et recommande une moyenne maximale de "dix verres par semaine", avec "deux jours d'abstinence": un "risque acceptable", selon elle.

La moyenne en France est de 2,6 verres par jour. 90% du total des décès concernés sont liés à une consommation de plus de cinq verres par jour.