Plein écran
DR © DR

“La Laiterie”, le charme d'un estaminet d’époque

Loin des restaurants bondés d’Ixelles ou du centre-ville, Linkebeek se présente presque comme un nouveau lieu de repli pour les Bruxellois. Entre ses murs gorgés d’histoire, “La Laiterie” s’inscrit dans cette idée pour offrir aux visiteurs un moment de détente amical et familial dans un cadre de caractère qui sent bon l’hiver... 

“La Laiterie”, estaminet d’époque, s’est offert un petit "lifting" mais conserve toujours ce cachet précieux. Si ses murs pouvaient parler, c’est presque toute l’histoire du Royaume qu’ils pourraient en effet conter. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, alors que les cafés-laiteries prospéraient aux abords de la forêt de Soignes, la bourgeoisie bruxelloise s’y rassemblait déjà autour d’une tartine au plattekeis radis-oignons ou d’une gueuze lambic. Cette chaleureuse auberge a subsisté jusqu’à nos jours, à quelques détails près. 

L’âme des lieux

La nouvelle équipe, dirigée par le très accueillant Julien Goldé, a réussi à préserver l’âme de cette charmante fermette, surtout côté bistrot, à l’entrée, où le carrelage désuet, les banquettes en bois, la charpente apparente et le vieux comptoir transportent l’imagination du client à travers les âges. Quelques éléments anachroniques complètent le cadre avec soin, à l’image de cet élégant cellier vitré, sans pour autant perturber l’harmonie générale.

Brasserie à l’ancienne

“La Laiterie” propose une cuisine traditionnelle gourmande, une cuisine de brasserie à l’ancienne parfois subtilement revisitée. Des grands classiques comme la blanquette de veau, la carbonnade flamande, le vol au vent ou le pain de viande au stoemp, mais aussi ses os à moelle et une liste de suggestions de saison. La viande occupe évidemment une grande place au menu et bénéficie d’une cuisson toute particulière dans un four à braises végétales (Mibrasa) qui promet des miracles. 

Et dans l’assiette?

Pour débuter, on recommande tout particulièrement la terrine de gibier du chef (12,5 €) pour sa richesse gustative. Servie avec du sirop de Liège et des oignons confits sur une tranche de cramique toasté, elle se marie merveilleusement avec le cadre tant elle illustre admirablement ce patrimoine culinaire ancestral trop souvent oublié dans les nouvelles cantines bruxelloises. Un plaisir rare arrosé d’un côtes-du-rhône très efficace de chez Guigal (syrah, grenache, 30€) qui ajoute une petite note de bouchon lyonnais à cette atmosphère contagieusement conviviale.  

Plat principal

On enchaîne avec, respectivement, un filet de faisan à la brabançonne, sauce fine champagne, un mignon de veau aux morilles et une entrecôte cuite au four à braises. Trois délicates et nobles pièces qui possèdent leurs atouts distinctifs. La première redéfinit subtilement le classique de Noël, sans airelles mais avec une viande farcie aux chicons. “Twist” agréablement déroutant. La deuxième exprime tout le charme de l’automne et célèbre divinement le retour tant attendu de la cueillette aux champignons. La troisième cache bien son jeu derrière son apparente simplicité. Et pourtant! Cette cuisson haut de gamme, à l’ambition annoncée, libère littéralement tout le potentiel de la viande dans une explosion de saveurs. Une tendresse exceptionnelle qui justifie amplement l’investissement de ce four étonnant. 

Après cela, le dessert n’a d’autre choix que de jouer les seconds rôles. Ce qui n’empêche pas un irish coffee tout à fait maîtrisé de se distinguer pour conclure tout en onctuosité l’escapade en périphérie bruxelloise. 

Ce bistrot a vécu et vivra manifestement encore longtemps... 

La Laiterie 

3, chaussée d’Alsemberg, 1630 Linkebeek

Plein écran
DR © DR
Plein écran
DR © DR