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Le roi Philippe, lors de sa visite à l’atelier “Out of the Box”, le 11 juin 2019. © BELGA

Les aveux déchirants du roi Philippe sur ses problèmes à l’école

“Dans mon enfance, j’ai été maltraité. J’ai souffert de problèmes à l’école et cela n’a pas été facile”. Pour la première fois, le Roi a levé le voile sur ce qu’il cache depuis toujours.

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Le roi Philippe, lors de sa visite à l’atelier “Out of the Box”, le 11 juin 2019. © BELGA

À la fin du printemps, le roi Philippe s’est rendu dans un atelier bruxellois, où les jeunes en décrochage scolaire sont soutenus pour reprendre leurs études ou réussir leurs examens. Dans son discours, le Roi a expliqué aux jeunes que ces ateliers constituaient une chance exceptionnelle. Il s’est ensuite confié sur ses propres expériences négatives.

Citation

Il existe différentes formes d’intelligence et le système scolaire semble être fait exclusive­ment pour un seul type. Certains enfants doivent attendre un certain âge avant d’être prêts pour cette approche. Je pense que j’étais dans ce cas.

Le roi Philippe

Harcèlement

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Le prince Philippe et le roi Baudouin, en 1978. © Photo News

C’est la première fois que le monarque s’ouvre sur des rumeurs qui l’accusent depuis très longtemps, à savoir celles qui sous-entendent qu’il a de faibles capacités intellectuelles. En tant que prince héritier, le roi Philippe a longtemps fait l’objet d’impitoyables moqueries. Il se souvient même du harcèlement particulièrement dur d’un camarade de classe et d’un professeur.

Mélancolie

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Albert II et son fils, en juin 2014. © EPA

En 1966, le Roi commençait ses études au collège jésuite francophone de Saint-Michel à Etterbeek, ce qui lui a valu de nombreuses critiques en Flandre. Le petit prince timide s’y est comporté modestement, mais il lui a fallu de nombreuses heures de soutien scolaire pour l’amener à terminer ses humanités. “Les problèmes conjugaux d’Albert et Paola l’ont complètement paralysé”, rapporte un ami intime. 

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Le prince Philippe avec le roi Baudouin et Fabiola, à Ciergnon, en juillet 1990. Le prince avait 30 ans. © Photo News

“Il n’avait pas de traitement particulier au collège. Il y avait même des jeunes beaucoup plus snobs que lui”, confie un ancien ami de Philippe, Jean-Luc Vanschepdael. “Mais ses résultats, contrairement à ceux des autres, n’ont jamais été lus à voix haute en classe. Cela a provoqué de la jalousie chez certains et alimenté des doutes sur le fait qu’il obtenait de mauvais résultats. Au fil du temps, nous avons pris conscience qu’il avait une vie difficile et qu’il était tout sauf libre d’agir. Au début, nous pensions que le prince faisait ce qu’il voulait, mais j’ai vite compris que j’étais beaucoup plus libre que lui. C’était un timide, qui ne s’imposait pas. Il manquait de confiance en lui. Il était souvent mélancolique et donnait toujours l’impression de traîner une charge derrière lui”. 

Sa sœur, Astrid, menait ses études à la Vierge Fidèle. Des enseignants racontent qu’elle était mise à l’écart, pour manger seule à midi.

Une pression inouïe

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Le roi Philippe et le prince Laurent, à la cérémonie en mémoire des membres défunts de la Famille Royale, en février 2019. © Photo News

Daniel Nijs, un ancien professeur de néerlandais témoigne: “Dès son enfance, Philippe a senti que quelque chose de spécial l’attendait et, en grandissant, cette mission a commencé à lui peser de plus en plus lourdement. Il n’avait pas le choix, il devait s’y plier et cela a développé en lui la peur de faire des erreurs”. Cette pression a pris des proportions inouïes lorsque le jeune Philippe a été catapulté en Flandre, à la moitié de ses humanités pour céder aux demandes flamandes. Il a alors rejoint son frère Laurent à l’école abbatiale de Zevenkerken à Loppem.

La fuite de Laurent

Les princes adoptaient une vie solitaire et connaissaient à peine le néerlandais, même si Daniel Nijs qualifie leurs notes dans cette langue de “normales”. Ils étaient jugés, comme s’ils devaient être meilleurs que les autres. Le jeune Laurent a été si traumatisé qu’il s’est enfui, une nuit, avant d’être rattrapé par la police, en train de faire du stop sur la E40, en direction de Bruxelles.

Une différence pour Elisabeth

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La famille royale à Villers-la-Ville, en juin 2018. © AP

La vie dans ce pensionnat de Loppem a été si épouvantablement vécue pour le prince et son frère que Philippe s’est juré de ne pas faire la même erreur pour ses enfants. La princesse Elisabeth a étudié loin des regards indiscrets, au Pays de Galles et Emmanuel a étudié dans une école pour enfants en difficulté scolaire, à Kessel-Lo. 

Après sa scolarité en Belgique, le prince avait poursuivi ses études à l’Université de Stanford, en Californie. Là-bas, il a pu être tout simplement “Philippe” et s’est épanoui. Aujourd’hui, le roi décrit cette époque comme l’une des plus belles de sa vie. 

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La reine et le roi, durant la fête nationale de 2013. © BELGA