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Illustration © Getty Images/iStockphoto

17 ans de réclusion criminelle pour les parents qui ont laissé leur fils de 22 mois mourir de faim

La cour d'assises de la Creuse, en France, a prononcé vendredi une peine de 17 ans de réclusion criminelle à l'encontre des parents de Gabin, un bébé mort dans "l'oubli" selon l'accusation, à l'âge de 22 mois en 2013, des suites d'une dénutrition extrême.

Un mandat de dépôt a été ordonné à l'encontre d'Edouard Ruaud, 40 ans, et de Céline Vialette, 34 ans, qui comparaissaient libres depuis mardi pour "privation de soins et d'aliments suivie de mort d'un mineur de 15 ans".

Au terme de quatre jours d'audience, la cour et les jurés ont donc suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait dans la matinée résumé le cas Gabin en trois mots: "oubli, calvaire, souffrance"...
"C'est une peine significative au regard de la gravité des faits et des conséquences qu'ils ont entrainés", a déclaré la présidente de la cour d'assises Colette Lajoie.

Au cours des audiences, les parents ont reconnu a minima des manquements, mais ont contesté toute responsabilité dans la mort de leur deuxième fils. 

Le 25 avril 2013 lors de sa dernière visite chez le médecin de famille, "Gabin pesait 8,550 kg, six semaines plus tard, quand il est mort il ne pesait plus que 5,825kg. Il a perdu 32% de son poids. C'est le poids qu'il faisait à trois mois", a exposé l'avocat général dans son réquisitoire, rappelant les conclusions de l'autopsie: Gabin "est mort de dénutrition et de déshydratation aboutissant à une cachexie, c'est-à-dire qu'il n'avait que la peau sur les os sans masse graisseuse".

"Sur le constat de sa mort, on peut lire que Gabin était d'une saleté extrême. Il sentait l'urine. Il avait le bout de la verge nécrosée. Il était d'une maigreur extrême, on pouvait lui compter les côtes", a poursuivi l'accusation.

“Incompétence parentale"

La défense a fait valoir que les parents avaient perdu pied face à des difficultés de couple et d'argent. "Tout s'accumule, tout se dégrade. On a affaire à des gens dépassés", a plaidé leur avocate Emilie Bonnin-Bérard, invoquant une forme d'"incompétence" parentale.

Jeudi, le médecin traitant de la famille, qui doit être lui aussi prochainement jugé en correctionnelle pour "non-assistance à personne en péril", avait concédé une "grossière erreur", une "erreur d'appréciation". Entendu comme témoin, il avait assuré n'avoir "jamais constaté un quelconque signe de danger et de péril sur cet enfant", qu'il avait vu sept fois entre janvier 2012 et avril 2013.