Boris Johnson lors d'une réunion vidéo le 28 mars dernier, alors qu'il s’était déjà placé à l’isolement après avoir été testé positif au nouveau coronavirus.
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Boris Johnson lors d'une réunion vidéo le 28 mars dernier, alors qu'il s’était déjà placé à l’isolement après avoir été testé positif au nouveau coronavirus. © AFP

À 17h, Boris Johnson était en réunion, à 19h il était admis en soins intensifs: “C’est allé très vite”

Mise à jourBoris Johnson a été transféré lundi en soins intensifs. L’état de santé du Premier ministre britannique, hospitalisé dimanche soir pour subir des examens après avoir contracté le coronavirus, s’est soudainement détérioré. À 17 heures, il était encore en réunion vidéo avec des membres de son cabinet. À 19 heures, il était transféré en unité de soins intensifs. Selon les médias britanniques, il a rencontré des problèmes respiratoires et a été placé sous oxygène. Son état n’a pas évolué pour l’instant, d’après l’agence de presse Reuters qui cite deux sources proches de M. Johnson.

Après avoir été diagnostiqué positif au Covid-19 le 27 mars et resté isolé pendant dix jours, M. Johnson, 55 ans, seul chef d'État ou de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé, avait été hospitalisé dimanche soir pour subir des examens, selon ses services, en raison de la persistance de symptômes de la maladie, notamment la fièvre.

“Au cours de l’après-midi, l’état de santé du Premier ministre s’est détérioré et, sur conseil de son équipe médicale, il a été transféré au service des soins intensifs de l’hôpital”, a indiqué le porte-parole dans la soirée. Selon une source gouvernementale, Boris Johnson reste “conscient” et son transfert, intervenu vers 19h locales a été décidé “par précaution au cas où il aurait besoin d’un respirateur”. 

Le Premier ministre “a reçu de l’oxygène mais ne se trouve pas sous respirateur”, a indiqué mardi un ministre de premier plan, Michael Gove. “Le Premier ministre a reçu un soutien en oxygène et il reste sous étroite surveillance”, mais il n’a “pas été placé sous respirateur”, a-t-il indiqué sur la radio LBC.

Derek Hill, professeur d’imagerie médicale au University College de Londres, affirmait avoir des renseignements selon lesquels il bénéficie d’un “type d’assistance respiratoire appelé ventilation en pression positive continue (CPAP), communément employé dans le traitement de l’apnée du sommeil obstructive. L’expérience en Italie et dans d’autres pays européens montre que le CPAP peut être efficace pour les patients atteints du Covid-19, au moins dans un premier temps”.

“Des médecins inquiets de sa respiration”

Le quotidien de gauche The Guardian affirmait toutefois lundi que “Johnson était plus gravement malade que lui ou ses fonctionnaires n’étaient prêts à l’admettre, et a été vu par des médecins inquiets de sa respiration”. Certains commentateurs jugeaient que le chef du gouvernement aurait dû se reposer.

Remplaçant

“C’est allé très vite”, a déclaré la journaliste de Sky News Beth Rigby. “Il avait du mal à respirer et a demandé à Dominic Raab lui-même de prendre ses fonctions. Le respirateur est en attente si son état se détériore”. Le Premier ministre a en effet demandé au ministre des Affaires étrangères Dominic Raab “de le remplacer là où nécessaire”, a précisé son porte-parole dans un communiqué. Ce dernier l’avait déjà remplacé pour présider la réunion quotidienne consacrée au Covid-19.

Quelques heures à peine avant l’annonce de son admission en soins intensifs, le chef de la diplomatie Dominic Raab avait assuré que M. Johnson avait passé une “nuit tranquille” à l’hôpital St Thomas, dans le centre de Londres, et qu’il restait “en observation”. “Son moral est bon” et “il continue à diriger le gouvernement”, avait-il assuré durant la conférence de presse quotidienne de l’exécutif, pressé de questions sur la capacité du Premier ministre à exercer ses fonctions malgré la maladie.

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© REUTERS

“Ignoré les conseils”

Connu pour n’avoir jamais ménagé sa peine, l’excentrique politicien avait tenté de masquer ses atermoiements face à la crise sanitaire en clamant n’avoir aucune crainte de monter en première ligne. “J’ai serré la main de tout le monde”, y compris de malades, déclarait-il le 3 mars en racontant sa visite à un hôpital.

Bien que ce ne soit pas là qu’il a contracté la maladie, vu le délai d’incubation, “Boris Johnson a ignoré les conseils sanitaires à ses propres périls”, commentait The Independant quand le diagnostic est tombé fin mars.

Son obstination à rester aux commandes n’avait aucunement surpris les Britanniques: ni ses partisans qui louent son engagement, ni ses adversaires qui critiquent son ambition dévorante. En revanche, l’annonce de lundi “était inattendue”, d’après le Telegraph.

Les unes des journaux britanniques mardi étaient presque toutes barrées des mêmes mots: “soins intensifs”. Le Daily Mirror et le Daily Star allaient plus loin, parlant de “combat pour sauver sa vie”.

50.000 personnes testées positives

Plus de 50.000 personnes ont été testées positives au Covid-19 au Royaume-Uni, devenu l’un des pays d’Europe les plus violemment touchés, et 5.373 en sont mortes. Parmi les cas positifs figure également le prince héritier Charles, désormais guéri après avoir développé des symptômes légers du virus. Il a retrouvé lundi son épouse Camilla, testée négative au Covid-19 mais qui était restée confinée 14 jours par précaution.

Rare discours de la reine Elisabeth II

Face à l’ampleur de la crise, la reine Elisabeth II, 93 ans, s’est adressée dimanche aux Britanniques pour les encourager à faire front et leur insuffler un message d’espoir. Cette allocution hors protocole, la quatrième seulement en 68 ans de règne, a été vue par plus de 23 millions de téléspectateurs.

L’attitude du gouvernement très critiquée

Critiqué pour avoir tardé à prendre la mesure de la situation, le gouvernement a bâti en catastrophe des hôpitaux de campagne pour soulager un système de santé débordé, promis de décupler les tests qui manquent cruellement et débloqué des sommes gigantesques pour répondre au marasme économique et social. Depuis l’annonce de sa maladie, Boris Johnson continuait à diriger la riposte du gouvernement en quarantaine, depuis son appartement de Downing Street d’où il postait des messages vidéos sur Twitter appelant ses compatriotes à rester chez eux.

L'hôpital St.Thomas à Londres où le Premier ministre est hospitalisé
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L'hôpital St.Thomas à Londres où le Premier ministre est hospitalisé © EPA
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