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À Hong Kong, fuite spectaculaire de manifestants assiégés par la police

Des dizaines de manifestants hongkongais assiégés par la police dans un campus ont réussi lundi soir à s'enfuir, après une nouvelle menace d'intervention de Pékin pour régler la crise politique dans le territoire autonome du sud de la Chine.

Retranchés dans l'Université polytechnique (PolyU), actuel bastion de la contestation, ces protestataires sont descendus en rappel d'une passerelle, puis ont été récupérés sur une route en contrebas par des personnes à moto.

Les heurts se sont poursuivis dans la nuit de lundi à mardi, alors que la police menace désormais d'utiliser des "balles réelles" face aux "armes létales" des manifestants radicaux - qui ont jeté briques et cocktails Molotov contre les forces de l'ordre.

Dans une tactique apparemment coordonnée, des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers le campus universitaire pour tenter d'en rompre le siège. Des affrontements avaient lieu aux alentours. Des dizaines de personnes restaient sur le campus dans la nuit, a déclaré un des protestataires à l'AFP. Des manifestants mineurs ont cependant été autorisés à partir. 

Fermeture des écoles

L'Union européenne a appelé à la retenue et au respect des libertés. "Toute violence est inacceptable. Les mesures prises par les forces de l'ordre doivent rester strictement proportionnées et les libertés fondamentales, y compris le droit de réunion pacifique des Hongkongais, doivent être respectées", a déclaré la cheffe de la diplomatie Federica Mogherini au nom des 28 Etats membres.

La mobilisation en cours dans l'ex-colonie britannique depuis plus de cinq mois a basculé la semaine dernière dans une phase beaucoup plus radicale et violente, qui a entraîné notamment la fermeture des écoles.

L'exécutif hongkongais, qui est aligné sur Pékin, s'est refusé à accéder aux revendications des manifestants. Ceux-ci demandent notamment l'avènement du suffrage universel dans la mégapole de 7,5 millions d'habitants, et une enquête sur ce qu'ils présentent comme des violences policières.

La Chine a maintes fois averti qu'elle ne tolérerait pas la dissidence, et l'inquiétude monte face à l'éventualité d'une intervention pour mettre fin à la crise.