Affaire Villemin: la clé de l'énigme dans un PV du 16 octobre 1984?

Après la remise en liberté des époux Jacob (sous contrôle judiciaire), les investigations se poursuivent dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du petit Grégory le 16 octobre 1984. Pour rappel, Marcel Jacob et Jacqueline Thuriot restent mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Des chefs d'inculpation extrêmement lourds "qui ne reposent sur rien", selon leurs avocats. "En ce qui concerne Marcel Jacob, il n'y aucun élément matériel, aucun élément scientifique, aucun témoignage, rien", déplore Me Giuranna.

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Les nouvelles expertises en écriture désignent Jacqueline Jacob comme l'auteur de la lettre typographiée du 27 avril 1983 adressée aux parents de Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant.
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Les nouvelles expertises en écriture désignent Jacqueline Jacob comme l'auteur de la lettre typographiée du 27 avril 1983 adressée aux parents de Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant. © Dr.
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A défaut de preuves, la justice dispose d'un faisceau d'indices troublants à charge des Jacob. A commencer par les nouvelles expertises en écriture qui désignent Jacqueline Jacob comme l'auteur de la lettre typographiée du 27 avril 1983 adressée aux parents de Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant. En outre, il existerait des similitudes importantes, notamment l'utilisation du mot "chef", entre cette missive et la lettre de revendication envoyée au domicile des parents du petit Grégory.

"C'est simple, on vous dit qu'elle a écrit ce courrier mais non. Ce n'est pas le cas. Il ressort clairement de l'expertise que l'expert en comparaison d'écriture ne nous dit pas avec certitude qu'elle l'a écrit, il nous dit 'vraisemblablement'. C'est-à-dire qu'on est simplement sur des possibilités. Quant au courrier de revendication de 1984, l'expert ne l'attribue pas à Madame Thuriot (ndlr. nom de naissance de Jacqueline Jacob)", réagit Gary Lagardette, avocat de Jacqueline Jacob. Les enquêteurs espèrent enfin faire parler la suspecte de la lettre du "corbeau".

Marcel Jacob, la voix du corbeau?
Selon les enquêteurs, Marcel Jacob pourrait également être l'auteur de coups de téléphone passés aux Villemin. Sur l'un des enregistrements, on entend le corbeau gravir 13 marches d'escalier, comme dans la résidence des Jacob à Aumontzey. Une coïncidence troublante? "Toutes les maisons des environs sont faites sur le même modèle", se défend Maître Giuranna, l'avocat du grand-oncle de Grégory.

Autre élément à charge des Jacob: la jalousie qu'entretenaient les Jacob à l'égard de Jean-Marie Villemin, promu contremaitre dans une usine de fabrication de pièces de voiture. "Je ne serre pas la main à un chef. Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine", aurait-il invectivé Jean-Marie Villemin en 1982.

Et puis, dernièrement, il y a ce fameux PV de la réunion syndicale à laquelle Marcel Jacob, employé à la filature BSF à Aumontzey, aurait assisté de 14h à 17h le 16 octobre 1984, le jour du meurtre. Un document qui viendrait conforter son alibi mais dont on se demande pourquoi il ne figure pas au dossier. Une pièce qui pourrait se révéler capitale si elle est authentique. Elle offre surtout aux gendarmes une liste de participants à la réunion qui pourraient attester de sa présence ou non, note 20 minutes. Reste maintenant à retrouver leur trace et les interroger, pour autant qu'ils en souviennent.

"Marcel dit depuis 1984 qu'il était au travail entre 13 et 21 heures. Nous étions moins de 72 heures après les faits lorsqu'il a été entendu et qu'il a fait valoir cet alibi", rétorque l'avocat de Marcel Jacob par rapport à l'incertitude sur son emploi du temps de l'époque.

Nouveau fiasco judiciaire?
Et last but not least, il faudra réentendre Murielle Bolle, la belle-sœur de Bernard Laroche, peut-être la seule témoin directe de cette affaire énigmatique. Pour enfin savoir si elle a pris le bus ou... la voiture avec son beau-frère qui serait venu la récupérer devant le collège. Une version qu'elle a réitérée devant le juge avant de se rétracter. Selon certaines sources, son audition était prévue mercredi/hier par la juge d'instruction sous un régime qui n'a pas été précisé.

Sans de nouvelles révélations, de nouveau témoignage ou d'élément matériel probant, beaucoup redoutent un nouveau fiasco judiciaire. Ce qui constituerait un énorme camouflet pour les enquêteurs après 30 ans de rebondissements, de fausses pistes et de déchirement familial.

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