Affaire Villemin: le scénario privilégié par les enquêteurs

Video"Plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime", a admis Jean-Jacques Bosc, procureur général de Dijon, devant la presse jeudi. En d'autres termes, le meurtre odieux du petit Grégory le 16 octobre 1984 serait le fruit d'un complot familial. Une hypothèse déjà envisagée à l'époque des faits, avant que les soupçons se tournent vers Christine Villemin, la mère de l'enfant, blanchie depuis.

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Dans le viseur de la justice, les époux Jacob, Marcel et Jacqueline (née Thuriot). Marcel Jacob est l'oncle de Jean-Marie Villemin, soit le frère de sa mère Monique et le grand-oncle de l'enfant. Jacqueline, elle, est soupçonnée d'être l'un des mystérieux corbeaux.

Jacqueline Thuriot, le corbeau présumé
Selon les experts en écriture, Jacqueline Thuriot serait l'auteur d'une lettre de menace postée en 1983, plus d'un an avant les faits. Si la lettre de revendication adressée aux parents du petit Gregory le jour du meurtre "n'a pas permis à ce stade d'en déterminer l'auteur", il existe toutefois des similitudes importantes entre les deux lettres. Ce qui frappe dans ces deux missives, c'est l'utilisation du mot "le chef" pour désigner Jean-Marie Villemin, qui venait d'être promu contremaître dans une usine de fabrication de pièces automobiles.

Dans la famille, la réussite professionnelle du jeune homme de 26 ans suscitait une jalousie malsaine, notamment de la part de Michel Villemin, le frère de Jean-Marie. Lors d'un apéritif au domicile de Jean-Michel et Christine deux jours avant l'enlèvement, son frère lui parle de son prêt avantageux qu'il vient d'obtenir pour les travaux dans sa maison et lui montre son canapé en cuir flambant neuf. "Il faut être un chef pour se payer ça!", lui répond Michel, qui racontait tout à son cousin, Bernard Laroche, dont il était très proche.

"Laroche a enlevé Gregory, Jacob l'a tué"
Dans le "clan des envieux" comme on le surnomme, il y avait aussi Marcel Jacob, très proche de son neveu Bernard également. Ils avaient tous les deux été quasiment élevés ensemble et habitaient à deux pas l'un de l'autre dans la petite localité d'Aumontzey. L'énigme de cette affaire hors-norme se situe dans ce petit clan de jaloux, c'est l'intime conviction des enquêteurs.

Le scénario privilégié par les gendarmes est le suivant, d'après une source proche de l'enquête, citée par Le Figaro: "Selon eux, Bernard Laroche aurait enlevé Grégory en compagnie de sa très jeune belle-sœur Murielle Bolle (ndlr. qui avait accusé Bernard Laroche à l'époque avant de se rétracter). Puis Gregory aurait été remis à son grand-oncle Marcel Jacob qui l'aurait tué, mu par une jalousie haineuse pour la réussite sociale de son neveu Jean-Marie Villemin", écrit le quotidien français.

Comme l'a confirmé son avocat, c'est donc bien du meurtre de l'enfant dont Marcel Jacob est suspecté, sans doute avec la complicité de Jacqueline, sa femme, soupçonnée, elle, d'avoir écrit les lettres.

"Je n'ai pas le choix, il me tient"
Les enquêteurs semblent s'intéresser à l'intimité du couple Jacob. Les époux se sont brièvement séparés, avant que Jacqueline regagne le domicile conjugal. "Je n'ai pas le choix, il me tient", aurait-elle confié à des témoins, toujours selon Le Figaro. Leurs problèmes conjugaux seraient-ils liés à un secret criminel partagé? C'est l'hypothèse des enquêteurs, qui ont d'ailleurs également procédé à l'audition de la fille du couple.

Il y a plus de 30 ans, Marcel Jacob avait déjà été soupçonné. Des expertises graphologiques l'avaient désigné comme éventuel corbeau. De plus, une forte incertitude planait sur son emploi au moment de la commission du crime. Pour autant, l'homme n'avait jamais été inquiété judiciairement.

Vers une mise en examen?
Les gardes à vue du couple Jacob devraient s'achever au plus tard vendredi matin. L'oncle et la tante des parents Villemin, qui se murent dans le silence depuis leur arrestation, ont été déférés devant le parquet général de Dijon en vue de leur présentation au juge d'instruction. Selon certaines sources, on se dirige vers une mise en examen pour complicité d'assassinat.

Placée en garde à vue en même temps qu'eux, la belle-soeur de Jean-Marie Villemin, Ginette Villemin, a, elle, été remise en liberté hier en fin d'après-midi.

"Quelques jours avant le passage à l'acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelquefois accompagné d'une femme", a précisé Jean-Jacques Bosc. Cet homme, s'agirait-il de Bernard Laroche, tué en mars 1985 par Jean-Marie Villemin?
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"Quelques jours avant le passage à l'acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelquefois accompagné d'une femme", a précisé Jean-Jacques Bosc. Cet homme, s'agirait-il de Bernard Laroche, tué en mars 1985 par Jean-Marie Villemin? © photo_news
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