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Vincent Lambert © AFP

Affaire Vincent Lambert: les parents implorent Macron de maintenir les traitements

Les avocats des parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique de 42 ans, en état végétatif depuis plus de dix ans, implorent Emmanuel Macron de faire "respecter les mesures provisoires réclamées" par un comité de l'ONU en maintenant les traitements, dans une lettre ouverte samedi, à deux jours de l'arrêt programmé des soins.


"Monsieur le Président, Vincent Lambert mourra privé d'hydratation dans la semaine du 20 mai si vous ne faites rien et vous êtes le dernier et le seul à pouvoir intervenir", écrivent Jean Paillot et Jérôme Triomphe, avocats des parents et frère et soeur opposés à l'arrêt des traitements. "Nous venons vous demander de faire respecter par le ministre de la Santé les obligations de la France au profit d'un homme handicapé".

La position de l’ONU

Le Comité international des droits des personnes handicapées (CDPH) relevant du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU a redemandé vendredi à la France de "prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que l'alimentation et l'hydratation entérales" de Vincent Lambert "ne soient pas suspendues pendant le traitement de son dossier par le Comité".

Le droit à “ne pas subir d’obstination déraisonnable”

Cette demande ne devrait pas modifier la position de la France qui met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable". Le 5 mai, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait aussi expliqué que la France n'était pas tenue "légalement" par ce comité.

Menace de condamnation par la CDPH

Le CDPH avait déjà formulé la même demande le 3 mai. Il précisait alors que la France avait un délai de 6 mois pour lui fournir ses observations avant une instruction sur le fond. "Si la France maintient son refus de respecter les mesures provisoires réclamées par deux fois par le CDPH il est certain que la France sera sévèrement condamnée à l'issue de l'examen de notre recours et sera désignée à la communauté internationale comme ayant violé le droit de recours individuel et les droits de l'Homme qui l'obligeaient", prédisent Mes Paillot et Triomphe.

“Rajouter de la souffrance”

Dans son livre “Ma vérité sur l’affaire Lambert” paru en 2015, le Pr Éric Kariger, l’ancien médecin de Vincent Lambert de 2009 à 2014, décrit les conditions d’hospitalisation de son patient. “Le CHU installe une caméra à l’entrée de sa chambre, équipe sa porte d’une serrure capable de tracer les entrées et les sorties, perce un hublot dans sa porte de façon à pouvoir l’observer sans l’ouvrir. Des rondes sont organisées. Les visiteurs sont obligés de passer nous voir. Nous vérifions leur identité, conservons leur carte d’identité le temps de la visite”.

“Rajouter du temps, c’est rajouter de la souffrance à Vincent Lambert, à sa famille, à l’équipe soignante” confie le Dr Kariger, toujours favorable à l’arrêt des traitements. 

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Les avocats de la famille © afp
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Les parents de Vincent Lambert © AP