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Jonathann Daval, le 2 novembre 2017. © AFP

Alexia Daval a-t-elle été empoisonnée?

Des proches d'Alexia Daval, dont le mari Jonathann a reconnu le meurtre, s'interrogent sur un éventuel empoisonnement de la jeune femme et ont demandé une nouvelle expertise, a indiqué jeudi le procureur de la République de Vesoul.

En 2018, les analyses toxicologiques du corps de la jeune femme avaient révélé la présence de molécules médicamenteuses dans son sang. Il s’agissait du zolpidem (un somnifère), du tétrazépam (un relaxant musculaire interdit depuis 2013) et du Tramadol (un antalgique opiacé).

Après cette découverte, la famille était dans l’incompréhension la plus totale puisque la jeune femme suivait un traitement de fertilité pour tomber enceinte et le Tramadol est totalement déconseillé dans ce cadre. Pourtant, Alexia en aurait pris régulièrement l’année qui a précédé sa mort. 

“Un goût métallique dans la bouche”

En 2016, Alexia Daval a consulté un médecin car elle se plaignait “d’un goût métallique dans la bouche”. Ce symptôme est justement l’un des effets secondaires du somnifère zolpidem. La jeune femme avait aussi mentionné qu’elle avait des “absences”.

Grégory Gay, le beau-frère d’Alexia Daval, affirme que le samedi 28 octobre 2017, alors que Jonathann Daval venait de signaler la disparition de sa femme, celui-ci avait, “de façon surprenante”, attiré l’attention de la famille sur un tiroir de la chambre du couple rempli de médicaments en leur disant: “Regardez tout ce qu’elle prenait”. 

Préméditation?

La mort d’Alexia Daval est due à l’étranglement. Les avocats de Jonathann Daval ont toujours soutenu que le meurtre n’avait pas été prémédité et qu’il était survenu à la suite d'une dispute. Ils ajoutent toutefois que le mari de la victime subissait des violences et des humiliations de la part de sa femme depuis longtemps et qu’elle lui adressait des SMS violents lui reprochant d’être “incapable de la mettre enceinte”.

Déjà en novembre 2018, la famille avait soulevé la possibilité d’un meurtre avec préméditation par empoisonnement. Emmanuel Dupic, qui a été chargé de cette nouvelle expertise, a demandé le rejet de cette requête puisque la mort d’Alexia Daval n’a pas été due à l’empoisonnement. Un juge doit maintenant se prononcer sur l’utilité de cette nouvelle expertise. 

Un procès en 2020

Poursuivi pour “meurtre sur conjoint”, Jonathann Daval a reconnu avoir violemment frappé et étranglé son épouse Alexia en octobre 2017 à Gray-la-Ville (Haute-Saône) lors d'une violente dispute conjugale, avant de brûler partiellement son corps.

Le procès se déroulera aux Assises, durant l’année 2020. La préméditation est un point qui doit encore être estimé par le juge d’instruction. Il aura un impact sur l’étendue de la peine. Les avocats de l’accusé avaient rejeté cette hypothèse lors de la reconstitution en juin 2019.