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Angela Merkel ne se représentera pas

UpdateAngela Merkel a confirmé qu'elle renoncerait à la présidence de son parti conservateur en décembre et qu'elle allait se retirer de la chancellerie à l'issue de son quatrième et dernier mandat en 2021.

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Angela Merkel et Annegret Kramp-Karrenbauer © belga
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Jens Spahn, Annegret Kramp-Karrenbauer et Friedrich Merz © epa
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Mme Merkel a fait ces annonces en interne lors d'une réunion à Berlin des instances dirigeantes du parti de centre-droit qu'elle dirige depuis 18 ans, l'Union démocrate-chrétienne (CDU).

Confirmation
"Aujourd'hui, il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre", a confirmé la chancelière allemande, après des mois de crises gouvernementales et au lendemain d'une vote sanction lors d'un scrutin régional en Hesse. 

Elle ne choisira personne
Elle a par ailleurs indiqué qu'elle ne se choisira pas de successeur à la présidence du parti conservateur allemand CDU, strapontin vers la chancellerie. 

"Je sens que cette phase (de quête d'un nouveau chef de la CDU) est pleine de possibilités, et c'est très bien car nous ne l'avions pas eue depuis 18 ans", a dit la chancelière.

Angela Merkel ne cherchera aucune fonction politique après 2021. 

Qui pour lui succéder?
La secrétaire générale de la CUD, Annegret Kramp-Karrenbauer, une proche de la chancelière, a d'ailleurs fait part de son intention de succéder à Mme Merkel à la tête du parti, selon des sources partisanes.

Friedrich Merz, ancien président du groupe parlementaire conservateur CDU/CSU, souhaite lui aussi présenter sa candidature au poste de président de la CDU. Cet avocat a été président du groupe CDU/CSU au Bundestag de 2000 à 2002. Il a également été député au Parlement européen. Il est actuellement président du Conseil de surveillance de la société BlackRock Germany.

Le ministre de la Santé Jens Spahn envisage également de se porter candidat. 

Armin Laschet, le président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, pourrait être un bon compromis. Il y gouverne avec les Libéraux du FDP, allié traditionnel de la CDU mais avec qui Mme Merkel est brouillée.

Cinglant revers électoral
Il s'agit d'une volte-face pour Mme Merkel, conséquence d'un lourd revers électoral la veille pour son mouvement dans la région de Hesse où, bien qu'arrivé en tête, il a perdu plus de onze points par rapport au précédent scrutin, tandis que l'extrême droite et les Verts ont progressé nettement.

Bataille de succession
Mme Merkel avait jusqu'ici toujours dit considérer que la présidence de l'Union chrétien-démocrate (CDU) et la chancellerie allaient de pair, au risque sinon pour le chef du gouvernement de perdre en crédibilité et autorité. En agissant ainsi, elle permet à un ou une successeur d'émerger. Et la compétition s'annonce rude entre les tenants de la poursuite d'un cap modéré et centriste et ceux, qui ont le vent en poupe, prônant un net coup de barre à droite face à la poussée de l'extrême droite dans le pays.

"Visiblement triste"
"Elle était visiblement triste mais pas du tout amère" en faisant ses annonce, a indiqué la source à l'AFP, "elle a appelé de ses voeux à ce que le débat sur sa succession soit menée de manière amicale". Mme Merkel, qui a eu droit à une ovation des membres de la direction de son parti après ses annonces, selon ses proches, doit s'exprimer en début d'après-midi (12H00 GMT).

Coalition fragile avec le SPD
La chancelière lutte depuis des mois pour le maintien de sa coalition avec les sociaux-démocrates, mais celle-ci apparaît au bord de l'implosion après des échecs électoraux pour les deux partis dimanche en Hesse et début octobre en Bavière. Mme Merkel, qui dirige le pays depuis 13 ans, est elle de plus en plus contestée dans ses rangs et dans l'opinion publique.

Test de popularité négatif
Les deux scrutins régionaux du mois d'octobre faisaient figure de test national de popularité pour Angela Merkel et son équipe à Berlin. Depuis des semaines, le débat sur la succession de Merkel au sein du parti CDU n'est plus tabou, tant elle apparaît usée par le pouvoir 13 mois après sa victoire étriquée aux législatives. En réalité, sa popularité n'a cessé de refluer depuis sa décision d'ouvrir les frontières du pays à plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015 et 2016, à mesure que celle de l'extrême droite anti-migrants de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) progressait.

L'opposition se réjouit
Ce mouvement s'est félicité lundi du début de retrait d'Angela Merkel. "Nous y sommes pour beaucoup", a trompété le co-président du parti Alexander Gauland. Le président d'un autre parti d'opposition, les Libéraux, Christian Lindner, a lui ironisé en jugeant que "Mme Merkel abandonne le mauvais mandat" en renonçant à la présidence du parti et non à la chancellerie.

Plusieurs cadres du parti conservateur réclament depuis des mois un coup de barre à droite et demandent à Angela Merkel de préparer sa succession. Celle-ci avait refusé jusqu'ici de publiquement débattre de son avenir.

SPD en crise
L'autre grande source de difficultés pour la chancelière est son allié social-démocrate. La présidente du SPD Andrea Nahles a agité dimanche soir la menace d'un départ du gouvernement faute de garanties rapides sur un meilleur fonctionnement du gouvernement, miné depuis des mois par des querelle internes, notamment sur la politique migratoire. "L'état dans lequel se trouve le gouvernement est inacceptable", a-t-elle lancé. Les militants sociaux-démocrates sont de plus en plus nombreux à réclamer une cure d'opposition, par crainte de voir leur parti disparaître. Leur parti s'est effondré en Hesse d'une dizaine de points lui aussi à 19,8%.

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