Arménie et Turquie proches de la réconciliation

L'Arménie et la Turquie sont "proches" de l'établissement de relations diplomatiques et de l'ouverture de leurs frontières, a déclaré mercredi le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian.

"Je partage l'opinion de mon homologue turc Ali Babacan que nous sommes proches de l'établissement de relations diplomatiques et de l'ouverture des frontières", a déclaré M. Nalbandian au cours d'une conférence de presse. "Nous pouvons franchir un nouveau pas si la Turquie comme l'Arménie acceptent une instauration (de leurs relations) sans conditions préalables", a-t-il poursuivi.

Il a toutefois précisé qu'Erevan ne renoncerait pas au "processus pour obtenir la reconnaissance internationale du génocide" des Arméniens. Les massacres et déportations d'Arméniens entre 1915 et 1917 dans l'Empire ottoman ont fait plus de 1,5 million de morts selon l'Arménie, 300.000 à 500.000 selon la Turquie, qui récuse la notion de génocide reconnue notamment par la France, le Canada et le Parlement européen.

Une délégation arménienne, conduite par le numéro deux du ministère des Affaires étrangères Chaguen Avaguian, doit se rendre les 25 et 26 janvier à Ankara à l'invitation de la Turquie pour y participer à une rencontre des pays du Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan, Turquie, Russie). Ankara n'entretient pas de relations diplomatiques avec Erevan depuis l'indépendance de l'Arménie en 1991 en raison de divergences sur la nature des massacres d'Arméniens.

La Turquie a fermé sa frontière avec l'Arménie en 1993 en soutien à l'Azerbaïdjan turcophone, Bakou étant en conflit avec Erevan pour le contrôle de la région du Haut-Karabakh, enclave peuplée d'Arméniens en territoire azerbaïdjanais. Une visite historique du président turc Abdullah Gül à Erevan, le 6 septembre, a cependant mis un terme au silence diplomatique et les deux pays ont affiché leur intention de normaliser leurs relations. (afp)