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Attaque "terroriste" à Condé-sur-Sarthe: le détenu était "dangereux et manipulateur"

Michaël Chiolo, le détenu interpellé mardi en France après un assaut des forces de l'ordre dans lequel sa compagne a été tuée, avait 20 ans quand il a tué pour 300 euros un ancien résistant, rescapé de Dachau. Sept ans plus tard, le vagabond violent est devenu un prisonnier radicalisé.

Mi-décembre 2015 à Metz (est de la France), Michaël Chiolo est condamné en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour enlèvement et séquestration suivis de la mort d'un ancien résistant, décoré de la Croix de guerre. L'enquête le décrit comme "dangereux et manipulateur", sans remords.

Un mois plus tôt, le tribunal de Mulhouse, en Alsace (est), l'avait reconnu coupable d'apologie du terrorisme: il avait demandé à ses codétenus de rejouer la tuerie du Bataclan dans la cour de la maison d'arrêt.

Suivi par le renseignement pénitentiaire et inscrit au fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), il n'était libérable qu'en 2038.

Détenu radicalisé
Né le 11 juillet 1991 en Moselle, à la frontière franco-allemande, Michaël Chiolo était, selon les enquêteurs, désocialisé depuis l'âge de 17 ans et en fuite de son foyer quand il est arrêté en avril 2012. Quelques jours plus tôt, au sein d'un trio de marginaux, il a séquestré et tué un ancien résistant de 89 ans dont il convoitait le coffre-fort. Roger Tarall, qui s'était échappé du camp de concentration de Dachau, a succombé à ce vol à main armé, étouffé par du scotch à son domicile de Montigny-lès-Metz (est).

Pour l'expert psychiatre, Michaël Chiolo présente un "trouble de la personnalité grave de type dissocial", sur lequel les psychothérapies sont "sans effet". Il existe un "risque de récidive violente majeure" et une "grande dangerosité", note-t-il.

Son ancienne avocate, Me Pauline Brion, se souvient d'un garçon "intelligent, très cultivé", sans formation ni profession, "devenu un peu vagabond" après avoir coupé les ponts avec sa famille. En 2010, il s'affichait pourtant heureux et amoureux sur son blog, fier de ses origines italiennes et converti à l'islam, sous le nom d'Abdel-Karim.

Condamné à 28 ans de prison
Mais deux ans plus tard, le 13 avril 2012, il accompagne un ami d'enfance dans l'attaque d'une bijouterie en Sarre (Allemagne). 4.000 euros de butin et l'envie de recommencer les mènent le 17 avril, avec un troisième complice, au domicile de Roger Tarall.

La condamnation du jeune homme à 28 ans de réclusion criminelle en 2014 semble marquer un tournant. Il fait appel et au second procès "on avait affaire à quelqu'un qui visiblement s'était radicalisé, qui avait toujours cette froideur, cette indifférence", se souvient Me Dominique Rondu, avocat de la sœur de la victime.

Marlène Schott, avocate de l'ami et complice de Michaël Chiolo, décrit "un jeune homme paumé" au premier procès, sans signe de radicalisation. "Au deuxième procès, il était beaucoup plus inquiétant (...) sur la défensive" et le sujet du radicalisme s'impose à l'audience. Les débats mentionnent un incident en détention: "Il avait obligé ses codétenus à boire huit litres d'eau par jour pour se purifier", raconte-t-elle.

"Personne n'est venu témoigner pour lui", se souvient Me Brion. L'avocate avait néanmoins fait citer sa nouvelle compagne à la barre, "une femme rencontrée en prison". "Il avait écrit à quelqu'un pour qu'on lui trouve une épouse", se souvient-elle.

Blessée par balles dans l'assaut de la police, elle est décédée mardi soir.