"Julien était devant la boulangerie, il a juste eu le temps de se jeter devant son fils pour le protéger et a été tué"
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"Julien était devant la boulangerie, il a juste eu le temps de se jeter devant son fils pour le protéger et a été tué" © AFP

Attaque terroriste dans la Drôme: “Julien a juste eu le temps de se jeter devant son fils de 12 ans et a été tué”

La petite commune de Romans-sur-Isère dans la Drôme est en deuil, ce samedi. Ce matin, un réfugié soudanais a tué deux personnes et en a blessé cinq autres dans une attaque au couteau. 

“Ce matin, un homme a engagé un parcours terroriste, tuant deux personnes et en blessant cinq autres”, a déclaré sur place le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Armé d’un couteau, l’assaillant s’est d’abord rendu dans un bureau de tabac et y blessé le patron ainsi que sa femme qui cherchait à le défendre. 

Christophe Castaner s'est rendu sur les lieux
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Christophe Castaner s'est rendu sur les lieux © EPA

“Il a été tué devant son fils, c’est un truc de malade”

Le terroriste est ensuite entré dans une boucherie, s’est emparé d’un nouveau couteau avant de faire irruption dans un magasin et d’y attaquer mortellement un client. Il a ensuite donné la mort à un quadragénaire bien connu dans la commune, Julien Vinson. Ce dernier, gérant de 44 ans d’un café-théâtre, était sorti dans la rue pour ouvrir ses volets, selon un témoin. 

Son ami de toujours Dani Lary, l’illusionniste de l’émission “Le plus grand cabaret du monde” de France 2, raconte au Parisien la scène atroce. “Julien sortait de chez lui avec son fils de 12 ans. L'homme s’est jeté sur son enfant et Julien a juste eu le temps de se placer devant son fils pour le protéger. Il a pris les coups de couteau. Il a été tué devant son fils, je n’arrive pas à le croire, c’est un truc de malade”, s’est ému son ami inconsolable. 

“Julien c’était un vrai gentil, qui avait toujours le sourire et toujours accueillant pour tout le monde. C’était un pacifiste, il réglait toujours tous les problèmes”, se souvient Dani Lary, qui le connaissait depuis ses 13 ans. La veille, confie-t-il encore au quotidien, les deux hommes s’étaient promis de faire la fête à la fin du confinement. “Sans confinement, toute la ville serait venue à ses obsèques. Son père de 73 ans est tellement choqué qu’il a dû être hospitalisé”, raconte-t-il. 

Manuscrits évoquant un “pays de mécréants”

En début de soirée, la justice, par la voix du parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé ouvrir une enquête pour “assassinats en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”.

Les premiers éléments de l’enquête sur l’auteur de l’attaque, un homme d’origine soudanaise né en 1987, “ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur”, selon le PNAT.

Lors d’une perquisition à son domicile ont été retrouvés “des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants”, ajoute la même source.

Les blessés graves dans un état stable

Interpellé vers 11h00 sans résistance juste après les faits, l’auteur présumé s’appelle Abdallah A.-O., d’après le PNAT. Il a obtenu le statut de réfugié le 29 juin 2017 et un titre de séjour de dix ans en juillet de la même année. Il est inconnu des services de police ou de renseignement français ou européens. Selon des témoins cités par une radio locale, il aurait crié “Allah Akbar” en se précipitant sur ses victimes.

Parmi les cinq blessés, les trois victimes grièvement atteintes sont dorénavant “parfaitement stables”, a précisé l’hôpital dans lequel elles ont été admises. 

Les enquêteurs ont relevé les empreintes et indices aux abords des commerces concernés
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Les enquêteurs ont relevé les empreintes et indices aux abords des commerces concernés © AP