Barack Obama rouvre les hostilités autour du rôle de Bill Clinton

Plein écran
Plein écran

Le sénateur Barack Obama a rouvert les hostilités lundi dans la bataille qui l'oppose à la favorite Hillary Clinton à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, autour du rôle de l'ex-président Bill Clinton, dans une campagne à l'issue incertaine.

Les deux rivaux qui ne s'épargnent guère depuis le début de la campagne devaient se retrouver lundi à Columbia, capitale de la Caroline du Sud, pour une marche en l'honneur du héros de la lutte pour les droits civiques, Martin Luther King. Lundi est un jour férié aux Etats-Unis en mémoire du prix Nobel de la paix, assassiné en 1968, qui aurait eu 79 ans cette année. Hillary Clinton, Barack Obama mais aussi le troisième prétendant démocrate John Edwards, au côté de milliers de personnes, devaient défiler jusqu'au Capitole de l'Etat, qui abrite les assemblées législatives.

Cette marche est organisée à l'initiative du NAACP, le plus important mouvement de défense de la communauté noire. Si ce rassemblement promettait d'être consensuel, M. Obama et Mme Clinton continuent de s'échanger des piques. Interrogé sur ABC News lundi matin avant le défilé, le sénateur noir a mis en cause... Bill Clinton accusant l'ancien président - et mari de sa rivale démocrate - de déformer les faits à son encontre. "C'est devenu une habitude et une des choses que nous devrons faire est de demander des comptes à Bill Clinton quand il fait des déclarations qui ne sont pas soutenues par les faits", a dit M. Obama.

Interrogé dimanche soir en marge d'une réunion électorale à Columbia, Steve Hildebrand, un conseiller de M. Obama a indiqué que l'équipe du sénateur de l'Illinois allait mettre en place des "escadrons de la vérité". Bill Clinton, qui bénéficie d'un grand respect dans la communauté noire, fait activement campagne en faveur de sa femme Hillary. Plus de 50% des électeurs de Caroline du Sud, qui organise ses primaires samedi, sont Noirs. Séduire cet électorat est crucial pour les prétendants démocrates. En outre, l'équipe de campagne de M. Obama a déclaré avoir reçu des échos concernant des irrégularités dans le vote lors des caucus du Nevada (ouest) remportés samedi par Hillary Clinton.

L'équipe de l'ex-Première Dame a répliqué rapidement, accusant l'équipe de son rival de mal accepter la défaite et de se laisser aller à une "intimidation de masse et à des méthodes de gros-bras" afin de "terroriser" les électeurs. Hillary Clinton avait pourtant dit dimanche sa "plus grande admiration" pour son "ami et collègue", saluant en lui "un être humain extraordinaire" devant un auditoire à majorité noire. De vifs échanges les avaient récemment opposés sur les droits civiques. La polémique avait débuté quand Mme Clinton a affirmé que "le rêve de Martin Luther King a commencé à être réalisé quand le président (Lyndon) Johnson a fait passer la loi sur les droits civiques".

Cette phrase pouvait laisser penser qu'il a fallu un président blanc pour réaliser le rêve noir. Ces propos ont été jugés insultants par une partie de la communauté noire. Les critères raciaux sont devenus de fait un des facteurs à prendre en compte pour la présidentielle. La victoire de M. Obama dans l'Iowa, un Etat peuplé de 95% de Blancs, avait laissé espérer que ce critère était dépassé mais les analyses des scrutins suivants ont montré qu'il n'en est pas vraiment ainsi. Dans le Nevada (ouest), 80% des électeurs noirs ont voté pour M. Obama tandis que Mme Clinton a quasiment fait le plein des voix "hispaniques".

Selon un sondage du journal South Carolina's State, M. Obama est soutenu par 56% des électeurs noirs de Caroline du Sud qui ne sont que 25% à soutenir Mme Clinton et 2% John Edwards. Les trois candidats démocrates devaient se retrouver en soirée à Myrtle Beach pour un débat télévisé, le dernier prévu avant les primaires de samedi.