Bernie Sanders lors d’un débat en Caroline du Sud dans la course pour décrocher l'investiture du parti démocrate.
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Bernie Sanders lors d’un débat en Caroline du Sud dans la course pour décrocher l'investiture du parti démocrate. © AFP

Bernie Sanders, le candidat à abattre

USA 2020Le grand favori des primaires démocrates Bernie Sanders est tombé mardi sous le feu de ses rivaux démocrates, qui l'ont assailli sur plusieurs fronts en ouverture d'un débat crucial en Caroline du Sud dans la course pour décrocher l'investiture du parti et défier Donald Trump en novembre. Une primaire démocrate est organisée dans cet Etat ce week-end, un scrutin qui pourrait être décisif pour plusieurs candidats.

Le milliardaire Michael Bloomberg a ouvert le bal en affirmant que le président russe Vladimir Poutine aidait Bernie Sanders. "Vladimir Poutine pense que Donald Trump devrait être président des Etats-Unis et c'est pour cela que la Russie vous aide à être élu, pour que vous perdiez (ensuite, ndlr) contre lui", a lancé l'ancien maire de New York à Bernie Sanders. Il faisait référence à une information du Washington Post qui avait assuré, la semaine dernière, que le sénateur indépendant était la cible d'interférences de Moscou en sa faveur. 

À l'époque comme mardi soir, Bernie Sanders a réagi en mettant en garde M. Poutine contre une nouvelle tentative d'influencer l'élection américaine. 

Comment Sanders compte-t-il financer son programme?

L'ancien vice-président Joe Biden a pris le relais en critiquant Bernie Sanders pour ses positions passées sur les armes à feu, lors de votes controversés à la Chambre des représentants puis au Sénat. Comme lui, plusieurs candidats modérés ont également attaqué le "socialiste" autoproclamé sur le financement jugé trop flou de son programme, notamment sa proposition d'une profonde réforme d'une assurance santé universelle.

Jouant sa survie dans la course après trois mauvais résultats, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, s'est jetée dans la mêlée sur ce point. "Moi j'ai creusé, j'ai travaillé (pour expliquer comment financer son programme, ndlr). Et ensuite l'équipe de Bernie m'est rentrée dedans à cause de ça", a-t-elle accusé. "Les progressistes n'ont qu'une chance" de remporter cette élection "et nous devons la jouer sur un dirigeant qui saura comment accomplir des choses", a-t-elle lancé.

L’importance de l'électorat noir

Le débat est revenu à plusieurs reprises sur les enjeux propres à la communauté afro-américaine, un électorat clé dans l'Etat de Caroline du Sud (plus de la moitié de l'électorat démocrate). Joe Biden en particulier a été interrogé sur le sujet, auparavant populaire dans cette frange de la population, qui semble plus récemment s'en détourner. "Nous devons aider les Noirs américains à créer de la richesse", a-t-il assuré. Le maire Buttiegieg a pour sa part souligné que le panel n'était constitué que de candidats blancs qui ne pouvaient s'imaginer les difficultés posées aux Noir-Américains, il a dès lors assuré d'être plus à l'écoute de cette minorité. Tout comme Joe Biden, il a évoqué la nécessité de se concentrer aussi sur la législation électorale et le droit de vote à cet égard. 

Coronavirus

Les candidats se sont relativement tous entendus sur le sujet de l'enseignement, un des seuls domaines sans anicroche. Les autres thèmes abordés portaient aussi sur le contrôle des armes, la défense américaine au Moyen-Orient ou encore la Corée du Nord. Le risque que de pandémie de coronavirus a aussi été évoqué, avec des critiques sévères émises envers la politique du président américain Donald Trump, et ses coupes dans des organismes sanitaires. M. Biden a mis en avant sa propre gestion de la crise Ebola, lors de son mandat sous l'administration Obama, et de ses contacts précédents avec le président chinois Xi Jinping. Joe Biden a pour sa part franchement moqué Donald Trump rappelant que "ce grand génie auto-proclamé" avait assuré que l'épidémie disparaitrait d'elle-même en avril. 

Le sénateur a d'ailleurs martelé que des sondages le donnaient gagnant face au républicain Donald Trump. M. Sanders, qui ne compte que sur les financements de petits donateurs, a aussi épinglé directement Joe Biden et Pete Buttigieg. Les Américains "ne veulent pas que les candidats s'empressent d'aller voir des milliardaires pour trouver des financements énormes".

Les démocrates particulièrement divisés

A 78 ans, M. Sanders est jusqu'ici le grand vainqueur de ces primaires, après avoir remporté samedi le Nevada, très loin devant tous ses rivaux. Son avance a fait exploser au grand jour la fracture au sein du parti, entre les partisans du sénateur "socialiste" et les tenants d'un discours plus au centre, censé pouvoir rassembler plus d'électeurs pour battre Donald Trump le 3 novembre. 

Quatre jours avant un vote crucial des primaires démocrates en Caroline du Sud, plusieurs candidats jouent dans ce débat leur dernière chance de rester en lice. Car le résultat en Caroline du Sud influencera de manière décisive l'élan des candidats juste avant le "Super Tuesday", lorsque 14 Etats voteront le 3 mars. 

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