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“Black blocs” et violences gâchent la Marche pour le climat à Paris

Mise à jourQuelque 15.000 personnes ont marché pour le climat samedi à Paris mais cette manifestation a été parasitée par des violences: des black blocs se sont mêlés au cortège dès son départ et des incidents ont éclaté avec les forces de l'ordre. 99 personnes ont été placées en garde à vue.

Vitrines cassées, banque dégradée, barricades de fortune incendiées... des violence ont éclaté dès le début de la marche vers 14h30. Quelque 1.000 manifestants "radicaux" y ont été signalés par la préfecture de police (PP), alors qu'un nouvel acte de la mobilisation des "gilets jaunes" avait également lieu samedi à Paris. 99 personnes ont été placées en garde à vue. Au total, 163 personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police, et 395 verbalisées. 

Plus de 15.000 manifestants

Quelque 15.200 personnes ont participé à l’événement, selon le cabinet Occurrence, qui a effectué un comptage pour un groupe de médias dont l'AFP. Les organisateurs, eux, revendiquent 50.000 participants et la PP fait état de 16.000 manifestants. Après un moment de confusion dû aux violences, qui ont fait refluer des centaines de manifestants vers le point de départ, Jardin du Luxembourg, le cortège est finalement arrivé à son terme, dans le quartier de Bercy, en fin d'après-midi. Là, des militants écologistes ont bloqué le pont de Tolbiac et la passerelle piétonne Simone de Beauvoir, en y déployant des banderoles. Sur l'une d'elles, on pouvait lire, en anglais, "Macron, pollueur de la Terre".

“Violences policières”

"A 5 jours des débats sur le projet de loi de finances à l'Assemblée nationale, nous sommes #SurlePont pour exiger des moyens à la hauteur de l'urgence climatique", a tweeté l'ONG ANV-COP21. Plus tôt dans l'après-midi, cette ONG avait dénoncé des "violences policières". "45 minutes après le départ, les forces de l'ordre ont projeté sans sommation plusieurs grenades de désencerclement dans le cortège", a affirmé à l'AFP une porte-parole d'ANV-COP21. "Les manifestants ont dû faire marche arrière, ils sont stupéfaits, sous le choc", a-t-elle poursuivi.

Greenpeace appelle à quitter la Marche

"Ne prenez aucun risque et quittez la Marche pour le climat. Les conditions d'une marche non violente ne sont pas réunies", a tweeté Greenpeace à ce moment-là, une heure après le début de la marche, en dénonçant "l'envoi de lacrymogènes sur des manifestants non-violents et des familles". "La préfecture a tout fait pour entraver le droit de manifester", a ensuite accusé Greenpeace.

Situation très confuse

La marche a été dès le début émaillée d'incidents entre les black blocs et les forces de l'ordre. Ces militants d'extrême gauche, pour certains masqués, ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre avant de s'en prendre à une agence bancaire. Les gendarmes ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes, contraignant une partie des marcheurs à rebrousser chemin peu avant 15h. À ce moment-là, la situation était très confuse.

Usage de LBD dénoncé

Selon une journaliste de l'AFP, les forces de l'ordre ont fait usage sur le boulevard Saint-Michel de lanceurs de balle de défense (LBD), arme controversée responsable de nombreuses blessures lors de précédentes manifestations des "gilets jaunes". "Après avoir traité le black bloc et éviter que ça dégénère, l'enjeu était que la manifestation reparte. Nous avons fait en sorte que la manifestation se tienne", a-t-on commenté à la PP, qui a mobilisé quelque 7.500 membres des forces de l'ordre. 

Appel au calme

Avant le début de la marche climat, Jardin du Luxembourg, les organisateurs avaient appelé au calme. "Tout le monde est le bienvenu. On n'oppose pas justice climatique et justice sociale, il faut respecter le consensus d'action non violente", avait lancé une organisatrice. Les appels s'étaient multipliés pour une "convergence des luttes" entre "gilets jaunes" et militants pro-climat. Pour la première fois, pour cet acte 45 des "gilets jaunes", la plupart des manifestants se revendiquant de ce mouvement social né le 17 novembre 2018 ne portaient pas ce vêtement, jusque-là incontournable dans leurs cortèges. Les manifestants pour le climat, plusieurs milliers, répondaient à l'appel de nombreuses ONG, au lendemain d'une "grève mondiale pour le climat".

D’autres mobilisations en France

D'autres marches ont eu lieu en France, en général dans le calme. À Lyon, environ 5.000 personnes se sont rassemblées dans la matinée dans le centre, selon la préfecture du Rhône. À Strasbourg, ils étaient 3.600, selon la police. A Bordeaux, de 5 à 800 "gilets jaunes" selon des journalistes de l'AFP ont commencé à défiler avec la manifestation pour le climat selon un mot d'ordre de "convergence". Mais ils sont partis dans une direction opposée au bout de 500 mètres. Au total, les ONG revendiquent plus de 150.000 manifestants dans toute la France.

À Paris, une manifestation supplémentaire avait lieu, celle de Force ouvrière contre la réforme des retraites. En outre, on célébrait samedi les Journées du patrimoine.

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