Jair Bolsonaro.
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Jair Bolsonaro. © AFP

Bolsonaro qualifie Greenpeace de “déchet”

Le président brésilien Jair Bolsonaro a qualifié jeudi Greenpeace de "déchet", une nouvelle attaque du dirigeant d'extrême droite envers les ONG qui considèrent sa politique environnementale nocive pour l'Amazonie.

"Qui c'est Greenpeace? C'est quoi cette saloperie qu'on appelle Greenpeace? C'est un déchet", a lancé le chef de l'Etat à des journalistes à la sortie de son palais présidentiel à Brasilia. Jair Bolsonaro répondait à une question au sujet de critiques de l'ONG sur la refonte du Conseil de l'Amazonie.

Cet organe fondé en 1995 pour coordonner les politiques du gouvernement liées aux territoires abritant la forêt amazonienne ne fonctionnait plus de fait depuis des années.

Le gouvernement Bolsonaro a décidé de le réactiver par décret mardi, en le plaçant sous la tutelle du vice-président, avec la participation de 14 ministères. Mais il a exclu les gouverneurs des Etats concernés, suscitant de nombreuses critiques.

85% de déforestation en plus qu’en 2018

"Ce conseil n'a pas de plan, d'objectif ou de budget. Il ne va pas annuler la politique anti-environnementale du gouvernement et n'a pas pour but de lutter contre la déforestation", avait affirmé mardi Greenpeace dans un communiqué. En 2019, première année de mandat de Jair Bolsonaro, la déforestation a augmenté de 85% par rapport à 2018.

La recrudescence des feux de forêt, notamment en août et septembre, a provoqué une forte émotion internationale, mais le président brésilien a considéré les critiques comme des menaces à la souveraineté du Brésil sur l'Amazonie.

"Il y a eu des feux de forêt en Australie et personne n'a rien dit. Hier, le pape François a dit que l'Amazonie était à lui, qu'elle était à tout le monde. Le pape est argentin, mais Dieu est brésilien", a ironisé Bolsonaro jeudi.

Mercredi, le souverain pontife a publié une "exhortation apostolique", intitulée "Querida Amazonia" (Chère Amazonie), dans laquelle il a défendu la préservation de la forêt vierge, accusant notamment les multinationales d'avoir "coupé les veines à notre Mère Terre".

Greenpeace a déjà été dans le collimateur du gouvernement brésilien par le passé.

En octobre, le ministre de l'Environnement Ricardo Salles avait insinué sur Twitter qu'un navire de l'ONG aurait pu avoir causé la marée noire qui a souillé plus de 2.000 km de côtes brésiliennes.