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Le leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn et la première ministre britannique, Theresa May. © AFP

Brexit: l'opposition travailliste annonce la rupture des négociations avec le gouvernement

Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a rompu vendredi les pourparlers avec le gouvernement britannique, entamés début avril dans le but de trouver une solution sur le Brexit. 

Le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a pris acte vendredi de l’échec des négociations menées par le Labour avec le gouvernement conservateur de Theresa May pour tenter de sortir de l’impasse du Brexit et il a prévenu que son parti voterait contre l’accord négocié avec les Européens.

Les discussions avec les conservateurs sont “allées aussi loin que possible” du fait de “la faiblesse et de l’instabilité croissantes” du gouvernement conservateur, a écrit Jeremy Corbyn dans une lettre adressée à la Première ministre britannique Theresa May, qui a été sommée la veille par son propre parti de préparer son départ dès juin.

La cause de l’échec des négociations

Le dirigeant travailliste a justifié la fin des discussions par la décision annoncée jeudi par Theresa May de fixer début juin le calendrier de l’élection d’un nouveau chef du parti conservateur, et donc de son départ du pouvoir, dans la foulée d’un quatrième vote du Parlement sur l’Accord de Brexit. La décision des Tories de se choisir un nouveau dirigeant a rendu le gouvernement “encore plus instable et sapé son autorité”, a estimé Jeremy Corbyn, selon lequel Theresa May “n’est plus en mesure de parvenir à une solution de compromis”. 

La date de sortie déjà reportée deux fois

Les rejets successifs par les députés britanniques de l’accord de retrait de l’UE (négocié entre Mme May et les Européens) ont déjà contraint Londres à demander deux fois au reste de l’UE un report de la date de sa sortie, initialement prévue le 29 mars et désormais fixée au 31 octobre au plus tard.

Des discussions pour un compromis en avril

Face à l’impasse parlementaire, le gouvernement et l’opposition travailliste avaient entamé début avril des pourparlers pour trouver un compromis sur la future relation entre leur pays et l’UE. Ces discussions sont désormais rompues. 

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Séance du Parlement britannique avec Theresa May et Jeremy Corbyn, le 15 mai 2019. © EPA

Theresa May vit ses dernier jours comme Première ministre

Incapable de mettre en oeuvre le Brexit, Theresa May vit désormais ses derniers jours à la tête d’un gouvernement britannique qui est apparu ces dernières semaines étrangement silencieux sur la question, comme paralysé.

Le compte à rebours a été lancé jeudi, lorsque la dirigeante conservatrice a été contrainte d’accepter, lors d’une réunion avec les responsables parlementaires de son parti, d’annoncer “un calendrier pour l’élection d’un nouveau leader du Parti conservateur”. Ce qui revient à désigner le nouveau Premier ministre du pays.

Sur la sellette depuis des mois, Mme May était parvenue à se maintenir au pouvoir faute de candidat prêt à se risquer à reprendre en main le dossier épineux du Brexit. Mais les résultats catastrophiques pour son parti aux élections locales du 2 mai et les sondages désastreux en vue des européennes la semaine prochaine ont scellé son sort.

“Elle est responsable de la situation”

Pour les analystes et les éditorialistes, Mme May, 62 ans, est largement responsable de la situation, pour s’être pliée à la volonté des partisans d’un Brexit dur dans son parti, pour avoir convoqué des élections générales où elle a perdu sa majorité absolue au parlement, et avoir choisi d’ignorer les fondements sur lesquels l’UE était prête à négocier un accord.