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Pétrolier attaqué dans la mer d’Oman, le 13 juin. © AP

Comment expliquer l’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis

Mise à jourNous vous en parlions ici, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir abattu jeudi un “drone espion américain”. Cette nouvelle cumulée à l’attaque de deux pétroliers, le 13 juin, laisse présager l’ouverture d'une confrontation directe entre les deux pays. 

La scène internationale est marquée par la tension grandissante entre les États-Unis et l’Iran. Une situation qui dure depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et son opposition sans appel à l’accord nucléaire iranien. 

Le pacte nucléaire

Le pacte nucléaire est le résultat d’années de négociations entre les États-Unis et ses partenaires européens. Tous craignent la construction d’une bombe nucléaire par la République islamique. Après de multiples tergiversations, l’Iran a finalement accepté de limiter ses activités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales. 

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Donald Trump signant le retrait américain du Pacte nucléaire, le 8 mai 2018. © AP

Mais pour Donald Trump, la garantie de sécurité offerte par le pacte ne va pas assez loin. En mai 2018, il a donc décidé unilatéralement que son pays se retirait de l’accord préétabli. Il a également désigné officiellement les Gardiens de la Révolution comme étant les membres d’une organisation terroriste et frappé l’industrie iranienne de lourdes sanctions, à tel point que le pays a été fortement limité dans l’exportation de son pétrole. 

Frustrations et divergences d’opinion

La levée des sanctions internationales en 2016 a apporté son lot d’espoir à la population iranienne, dont l’économie se redressait enfin. Cette nouvelle vague de sanctions a donc été très mal perçue par la population. Depuis, le pays jongle avec cette pression imposée par les États-Unis et la volonté de la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni de maintenir l’économie iranienne à flot.

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Manifestants en faveur du groupe Hezbollah © EPA

Les États-Unis reprochent à l’Iran de soutenir des groupes militarisés comme le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen. L’Amérique souhaite que le pays cesse également de construire des missiles balistiques, qui menacent la sureté d’Israël et de l’Arabie Saoudite. 

La “ligne rouge”

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Les images américaines des Gardiens de la Révolution retirant une mine non explosée. © AP

Le 13 juin, les États-Unis ont accusé l’Iran d’avoir attaqué deux pétroliers dans le Golfe d’Oman. “C’est un coup monté”, a répliqué l’Iran. Mais les Américains ont diffusé des images montrant l’armée iranienne en train de retirer une mine restée intacte sur le côté d’un des pétroliers. La République Islamique aurait également attaqué des ressources pétrolières et militaires américaines basées en Irak. En outre, les rebelles Houthis disposeraient d’armes de plus en plus sophistiquées pour alimenter leur combat contre l’Arabie saoudite.

Le 19 juin, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran, Ali Shamkhani, annonçait que Téhéran réagirait à toute intrusion dans son espace aérien ou dans ses eaux. Cet espace ferait désormais office de “ligne rouge”. Le 20 juin, un drone américain était abattu. 

“Un chantage nucléaire”

Suite au durcissement des relations économiques avec l’Occident, l’Iran avait signifié aux partenaires européens que le pays recommencerait à s’enrichir en uranium si la situation restait inchangée. Une date limite de négociation avait été fixée au 8 juillet. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne préparent cette semaine une réponse diplomatique. De leur côté, les États-Unis dénoncent un “chantage nucléaire” et déploient 1.000 soldats supplémentaires dans la région.

“Une grosse erreur”

Le président américain Donald Trump a estimé jeudi que l’Iran avait fait “une énorme erreur” peu après la confirmation par le Pentagone que les forces iraniennes avaient abattu un drone de surveillance de l’US Navy.

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