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Des centaines de militants écologistes ont occupé durant 17 heures d’affilée un centre commercial à Paris

Une journée et une nuit entrecoupées par un face-à-face tendu avec les forces de l'ordre: des centaines de militants écologistes ont occupé pendant 17 heures un centre commercial à Paris pour lancer une semaine d'action du mouvement Extinction Rebellion (XR).

Dans la nuit de samedi à dimanche vers 04H00 (02H00 GMT), ils ont finalement décidé de quitter les lieux, selon un représentant du mouvement. Extinction Rebellion, mouvement créé il y a à peine un an, organise à partir de lundi des actions dans 60 villes dans le monde qui devraient rassembler des milliers de personnes, et notamment des actions de blocage à Londres, prévues pour durer plus de deux semaines.

À Paris, des opérations sont prévues presque tous les jours jusqu'au 12 octobre sur les thèmes de l'océan, des déchets plastiques, ou encore des migrations forcées liées au changement climatique. Si les détails sont tenus secrets, les militants prévoient d'autres occupations et des blocages de la circulation.

Pour leur première opération, baptisée "Dernière occupation avant la fin du monde", des centaines de manifestants, membres notamment de XR, ont investi samedi matin le centre commercial Italie 2, avec ses 130 boutiques et restaurants dans le sud-est de Paris, comme un "symbole du capitalisme".

À la fermeture samedi soir du complexe, dont seule une partie a été occupée, les autorités les ont sommés de partir, mais les militants étaient bien décidés à y passer la nuit. Selon des images diffusées en direct sur les réseaux sociaux, les forces de l'ordre, utilisant notamment des gaz lacrymogènes, ont ensuite tenté d'entrer dans le bâtiment dont certaines entrées étaient barricadées avec des tables ou des chaises.

Une manifestation non violente 

Certains militants se sont assis en tenant des parapluies ouverts au-dessus de leur tête, comme les manifestants pro-démocratie à Hong Kong. "On a résisté. On a créé une chaîne humaine, on était tous attachés et assis, et non violents, et les forces de l'ordre nous ont gazé", a raconté à l'AFP Benjamin, militant de 20 ans.

L'intervention a ensuite été interrompue, et les gendarmes mobiles sont retournés se poster aux alentours, avant que la grande majorité d'entre eux ne quittent les lieux. "C'est assez incroyable. Donc on reste", s'est étonné un autre participant. Ils ont même installé des toilettes sèches et un urinoir. Avant d'annoncer au milieu de la nuit avoir décidé de partir d'eux-mêmes.

Au petit matin, des piles de chaises et de palettes s'entassaient encore derrière les portes vitrées du bâtiment vide. La grande verrière était encore habillée d'une des banderoles géantes hissées la veille par des varapeurs, avec ces mots: "La nature n'est pas à vendre. Écologie sociale et populaire".