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Des enfants à l'adoption défilent sur un podium installé dans un centre commercial au Brésil. La photo aurait été prise en 2016, lors d'un précédent événement similaire. © DR

Des enfants attendant l’adoption défilent dans un centre commercial au Brésil

Un défilé d’enfants attendant l’adoption organisé dans un centre commercial brésilien a créé la polémique. Certains ont comparé l’événement à une vente d’animaux ou d’esclaves.

Ce mercredi, des enfants de 4 à 17 ans attendant l’adoption ont défilé dans un centre commercial de Cuiba, dans le centre du Brésil. De potentiels parents adoptifs étaient présents afin de découvrir leur profil et éventuellement choisir lequel d’entre eux ils allaient accueillir dans leur famille. 

Selon un communiqué officiel, le défilé, baptisé “Adoption sur le podium", a pour but de “donner de la visibilité aux enfants et aux adolescents éligibles à l’adoption”. Il a été organisé par les sections locales de la Commission de l’enfance et de la jeunesse du barreau du Brésil (CYC) et de l’Association de recherche et de soutien à l’adoption (AMPARA).

“C’est une soirée qui permet à des candidats à l’adoption de connaître les enfants et adolescents. La population peut se procurer plus d’informations sur l’adoption et les enfants ont une journée spéciale au cours de laquelle ils sont coiffés, maquillés et bien habillés pour le défilé”, a expliqué Tatiane de Barros Ramalho, avocate et présidente du CYC.

Polémique

 Une photo non datée publiée par le site d’informations G1 montrait une adolescente en tee-shirt blanc et jupe rose sur le podium, filmée et photographiée par les spectateurs avec leurs téléphones. Une porte-parole du barreau a expliqué à l’AFP que cette photo avait été prise lors d’une édition précédente de l’événement, en 2016.

Cependant, ce défilé a créé une vive polémique au Brésil. De nombreuses personnes l’ont ainsi comparé à un “marché aux animaux” ou à une vente d’esclaves. “Les enfants ne sont pas des produits”, ont déclaré certains internautes.

Le ministère de la Femme, de la Famille et des Droits de l’homme a également condamné l’événement dans une déclaration officielle. “La société et l’État ont le devoir de protéger les enfants et les jeunes adultes, y compris contre tout risque de divulgation de leur identité et de leurs émotions”, indique le communiqué.

Une journée pour les enfants

Face aux critiques, les organisateurs ont tenu à se défendre. Selon eux, l’événement avait simplement pour but d’offrir une journée agréable aux enfants, et non pas de les faire adopter à tout prix. Ils étaient tous accompagnés de leur famille d’accueil, et certains d’entre eux qui avaient déjà été adoptés ont également participé au défilé avec leur nouvelle famille, a déclaré le barreau local.

“Nous n’avons jamais eu le but de présenter les enfants à des familles pour qu’ils se fassent adopter”, a écrit le barreau sur son compte Facebook. Les organisateurs ont toutefois admis que deux adolescents avaient été adoptés à la suite de l’édition de 2016.

“Nous rejetons toute forme de déformation de l’événement l’associant aux périodes les plus sombres de notre histoire”, a-t-il ajouté, faisant référence au passé esclavagiste du Brésil. 

Ancienne colonie portugaise, le Brésil est le dernier pays d’Amérique à avoir aboli l’esclavage, en 1888, 25 ans après les Etats-Unis. Des stigmates de cette période restent visibles dans la société brésilienne, encore marquée aujourd’hui par de graves problèmes de racisme.